Palestine et développement

Pour résoudre le problème palestinien, il faut d’abord
s’attaquer au sous- développement
du monde arabe.

Contrairement à ce que l’on veut nous faire croire depuis des décennies, la priorité du monde arabe ne doit plus être la Palestine mais le développement.
L’acte de naissance d’Israël, le seul qui peut lui donner une légalité, c’est le plan de partage de l’ONU de 1947. Ce plan accordait aux Juifs 56% et aux Arabes 44% de la Palestine historique. Les pays arabes l’avaient rejeté en bloc, non sans raisons valables. Mais ils avaient mal évalué le rapport de forces. Israël est donc né et a occupé non pas 56 % mais la totalité de la Palestine historique.
En 1967, la guerre dite des Six jours a été un nouveau désastre qui valut à Israël de nouvelles conquêtes territoriales. Suivirent la guerre de 1973, la guerre du Liban et les différentes Intifada.
En 1948, on discutait du partage de la Palestine historique. A partir de 1967, il n’était plus question que des territoires occupés (Gaza et Cisjordanie, dont Al Qods). Aujourd’hui,
les Israéliens ne parlent plus que de Gaza et d’une partie – à définir – de la Cisjordanie. A ce rythme, il n’est pas exclu que les Palestiniens des territoires finissent par être expulsés vers les pays arabes voisins et la question palestinienne par être définitivement enterrée.
Comment en est-on arrivé là ? C’est-à-dire comment peut-on encore, aux XXe et XXIe siècles, spolier des territoires et les vider de leurs occupants légitimes, au mépris du droit international, et avec la complaisance, tacite ou explicite, de la plupart des pays occidentaux ?
Il est vrai qu’Israël a bénéficié du soutien militaire, financier et diplomatique de l’hyperpuissance américaine. Mais le vrai problème n’est pas là. Le soutien américain, à lui seul, n’explique pas tout.
La vérité, amère et douloureuse, est la suivante: ce qui arrive aux Arabes est le reflet direct de leur sous-développement. Les statistiques sont cruelles : en matière d’indicateurs de développement, le monde arabe est à la traîne. Il est le dernier ou l’avant-dernier, selon le critère, des différentes régions qui composent la planète. Quant au pétrole, il a été une école de paresse, comme le disait si bien Hassan II, il n’a guère profité aux pays qui en ont et a tout juste attiré les convoitises des grandes puissances.
Si l’on veut préserver encore quel-ques territoires aux Palestiniens, si l’on veut éviter d’autres Palestines, c’est par le développement qu’il faut commencer et non par le terrorisme, les assassinats de civils ou les discours enflammé