Osez encore un peu plus !

Très souvent, les bonnes réponses à de gros problèmes peuvent être très simples et à portée de main sans qu’on s’en aperçoive.

Souvent aussi, c’est de l’adversité et de la difficulté que jaillissent les idées lumineuses. Et enfin, les solutions se trouvent souvent derrière des portes que personne n’a jamais osé franchir au risque de faire tomber des dogmes et d’ouvrir des temples qu’on croyait inviolables.

L’Administration fiscale vient de nous en donner la preuve avec les vignettes automobiles. S’y étant habitués depuis la nuit des temps, les Marocains ont fini par intérioriser la situation anachronique de ces chaos interminables, à la fin de chaque mois de janvier, devant les bureaux des perceptions. On a fini par considérer comme normale une situation qui pourtant ne l’est pas.

Les entreprises ont découvert depuis longtemps les vertus de l’externalisation presque sous la contrainte. L’Etat n’étant pas forcément dans les mêmes logiques de rentabilité, d’efficacité ou de performance, l’externalisation de métiers n’a pas toujours été très prisée ni exploitée.

Pourtant, en matière de services publics, le privé a pu démontrer, à quelques expériences près, qu’il peut s’en occuper en assurant une bonne qualité des prestations aux usagers tout en permettant à l’Etat de faire des gains considérables en ressources et en efficacité. Des agents et cadres expérimentés tels que ceux de la Direction des impôts, par exemple, n’ont pas vocation à être des caissiers. Leur valeur ajoutée serait hautement plus appréciable et plus bénéfique pour le pays s’ils pouvaient se concentrer sur l’apurement des piles interminables de dossiers, sur l’amélioration du taux de recouvrement de l’impôt, le traitement convenable des requêtes et doléances des contribuables, l’amélioration de la relation avec l’entreprise, la lutte plus efficace contre la fraude ou encore l’identification des vrais gisements d’impôts… C’est là qu’il faut concentrer les énergies et la force de frappe et pas ailleurs parce que c’est là qu’il y a du vrai potentiel.

Aujourd’hui, le talon d’Achille de notre administration fiscale est celui du contrôle. Malgré les armées d’inspecteurs qui viennent chaque année renforcer les rangs, ils resteront toujours et naturellement en sous-effectif par rapport aux centaines de milliers de déclarations et de bilans à éplucher chaque année. Externaliser le contrôle fiscal, du moins en partie, peut à ce titre être une voie à explorer. Allez messieurs, encore un peu plus d’audace…!