Nation branding

Aujourd’hui, l’entreprise Maroc a besoin d’un seul, unique et vrai directeur marketing professionnel. Et c’est urgent !

Lors de son passage, mercredi dernier, chez les parlementaires, le président de la Cour des comptes, entre autres sujets intéressants, a mis le doigt sur un des principaux points faibles de notre économie : la promotion. Une dizaine d’entités et d’administrations publiques s’en chargent actuellement, chacune dans un secteur ou domaine différent, plus d’un millier de fonctionnaires et hauts cadres, un budget annuel de plus de 3 milliards de DH et au final des résultats bien en deçà du volume des moyens mis en œuvre. Pourquoi ? Parce que tout simplement aujourd’hui, la promotion n’est pas pensée en termes globaux de marketing pays et nos responsables n’ont pas encore saisi l’importance de promouvoir d’abord la marque «Maroc» avant de promouvoir le «made in Morocco».

La Cour des comptes n’a pas toujours eu vocation de faire des diagnostics et encore moins de proposer des solutions en matière de politiques publiques mais c’est probablement la sensibilité de son président actuel, qui a été Premier ministre dans une vie antérieure, qui fait que de tels propos, venant d’un responsable qui parle en connaissance de cause, sont à prendre avec beaucoup de sérieux.

Que ce soit pour attirer davantage de touristes chaque année, ou faire venir des investisseurs ou encore pour conquérir de nouveaux débouchés pour les produits à l’export, il y a tout d’abord un volet promotionnel transversal qui, lui, doit être focalisé plus sur la marque «Maroc» en tant que telle que sur un secteur ou un produit donnés. Cette marque Maroc que nos responsables ne veulent ni travailler ni exploiter alors que paradoxalement elle a de la notoriété de par le monde. Pour la travailler, nous avons tous les attributs qu’il faut : les valeurs sociétales, les vocations, la richesse des cultures et des terroirs, la singularité du modèle dans la région, la stabilité, sans oublier nos autres atouts naturels.

Ensuite, c’est sur ce socle commun que l’on peut bâtir le deuxième étage de la promotion qui, lui, est forcément différencié selon que l’on s’adresse à un touriste, un investisseur ou un client. Mais là aussi, et comme l’a si bien démontré le diagnostic de la Cour des comptes, il ne s’agit pas de laisser s’installer la cacophonie comme c’est le cas aujourd’hui. C’est exactement comme si dans une même entreprise on recrute deux, voire plusieurs directeurs marketing qui vont chacun de son côté bâtir leur propre stratégie.

Aujourd’hui, l’entreprise Maroc a besoin d’un seul, unique et vrai directeur marketing professionnel. Et c’est urgent !