Manhasset, parce qu’il le faut

Sans doute Manhasset III sera stérile tout comme Manhasset IV ou X. Il faut cependant jouer le jeu parce que, aujourd’hui, nous y avons plus à  gagner qu’à  perdre

Manhassett III servira-t-elle à  quelque chose ? C’est la question que se posent ceux qui suivent de près ou de loin le dossier du Sahara. A priori, le troisième round des négociations sera comme les deux précédents. Un dialogue de sourds au cours duquel le Maroc tentera de convaincre du bien-fondé de son projet d’autonomie pour les provinces sahariennes et le Polisaro s’acharnera à  évoquer le référendum d’autodétermination comme seule solution, à  l’heure oà¹, pour la première fois dans l’histoire du dossier, l’Assemblée générale des Nations Unies s’est alignée sur la position du Conseil de sécurité en considérant l’autonomie comme cadre valable d’autodétermination.

Il y aura sans doute des Manhasset IV, V et autres sans que l’issue au blocage ne soit trouvée. Car la clé du problème se trouve à  Alger qui se complaà®t dans le statu quo. C’est Alger qui a décidé de fermer ses frontières terrestres avec le Maroc ; c’est Alger qui a mis comme conditions d’un retour à  la normale la suppression des visas ; c’est Alger qui a fait volte-face en considérant que la résolution du conflit du Sahara était un préalable à  toute relation bilatérale pleine et entière ; c’est encore Alger qui a refusé, au plus haut niveau, que le Maroc ne lui fasse part, en avant-première, de sa proposition d’autonomie ; c’est encore et enfin Alger qui refuse jusqu’à  présent d’assister aux négociations Maroc-Polisario, accentuant le blocage.

Dans ces conditions, il est légitime de se poser des questions sur l’utilité de ces rencontres o๠le Maroc n’a qu’un interlocuteur de façade, o๠le vrai pouvoir de décision n’est pas entre les mains du Polisario.
Si ces rencontres sont stériles sur le plan des résultats, elles n’en sont pas moins nécessaires. Nécessaires parce qu’elles permettent à  notre proposition de solution de s’imposer comme la solution politique la plus viable. Parce qu’elles mettent un peu plus à  nu, à  chaque fois, le rôle joué par l’Algérie. Parce qu’elles témoignent de notre bonne foi, en dépit des provocations répétées. Parce qu’elles consituent jusqu’à  présent l’unique espoir, même le plus infime, d’arriver à  un résultat.

Dans ces conditions, que l’on en soit à  Manhasset III ou X, autant jouer le jeu jusqu’au bout, sachant que le temps travaille pour nous et que, autonomie ou pas, le Sud tente grâce aux projets lancés de trouver des solutions à  ses problèmes de logements, de chômeurs, d’accès au service public et de création d’activités économiques…comme partout au Maroc.