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L’Europe a-t-elle oublié qu’il existe un lieu appelé Tindouf, en pleine Algérie et qui est totalement hermétique aux droits de l’homme ?

Combien de Marocains ont marché dimanche 28 novembre pour le Sahara ? Trois millions selon les organisateurs, 2,5 millions selon les autorités. La vérité est sans doute entre les deux. L’important est que la foule qui a bravé le froid et la pluie, ce jour-là, à Casa, était suffisamment importante pour que le message, aux yeux de l’opinion publique internationale soit clair : ce n’est pas seulement le Maroc Etat qui clame la marocanité du Sahara, c’est une nation entière qui tient à son territoire. Un territoire qui, il faut le rappeler, a fait historiquement partie du Maroc comme l’a reconnu, il y a déjà 35 ans, la Cour de justice de La Haye qui a évoqué ces «liens juridiques et historiques entre les populations du Sahara et le Royaume du Maroc» ; et qui a confirmé ces «liens d’allégeance entre ces dernières et le Sultan du Maroc».

Un territoire, colonisé par l’Espagne en 1905 et rendu au Maroc, à l’issue des accords de Madrid, le 14 novembre 1975, et non pas à ce fameux front Polisario subitement formé en 1973 par des Marocains mécontents, manipulés par une Algérie en mal d’hégémonie. Il est parfois nécessaire de rappeler l’histoire pour expliquer le présent.

Si les Marocains ont marché en masse ce dimanche 28 novembre c’est également pour exprimer un ras-le-bol. Ras-le-bol de se voir traités d’agresseurs par des médias nourris au sein de la haine contre le moro et des politiques espagnols uniquement mus par leur ressentiment de colonisateur. Qu’a fait l’Espagne, entre 1905 et 1974, pour ce Sahara qu’elle défend aujourd’hui ? A-t-elle construit des routes, des écoles, des ports, des aéroports, a-t-elle mis en place un service public d’éclairage et d’assainissement ? A-t-elle agi pour le bien des populations locales ? Non, l’Espagne qui a profité de notre territoire se permet aujourd’hui de donner des leçons et de manipuler un Parlement européen qui est tombé dans le panneau.

L’Europe qui s’indigne de l’usage de matraques et de gaz lacrymogènes aurait-elle permis que ses forces de l’ordre soient sauvagement assassinées sans tirer un coup de feu ? Certainement pas ! L’Europe a-t-elle oublié, il y a à peine quelques semaines, comment ses écologistes ont été sévèrement tabassés car ils s’opposaient au passage d’un convoi de déchets radioactifs ? L’Europe a-t-elle oublié qu’il existe un lieu appelé Tindouf, en pleine Algérie et qui est totalement hermétique aux droits de l’homme ? Enfin, l’Europe oublie-t-elle que ses propres pays imposent aujourd’hui aux immigrés désirant être naturalisés d’être parfaitement assimilés, de ne pas porter le voile, et même pour certains de choisir entre leur pays d’adoption et leur pays d’origine ? Où sont les droits de l’homme dans ce cas ? Ici, nous n’avons tiré ni coup de feu alors que nos fils ont été égorgés, ni n’avons dénaturalisé ou refoulé à nos frontières ceux parmi ces Marocains du Sud qui ont une carte d’identité délivrée par le Royaume du Maroc, qui profitent des services publics, qui ont le privilège d’acheter des produits subventionnés, qui bénéficient de logements et du transport gratuit et qui nous tirent dans le dos en nourrissant le séparatisme de l’intérieur. Alors pour une fois, nous avons marché avec l’envie de dire m…, le Sahara est marocain et il le restera.