Liberté d’expression

L’évolution du Maroc exige désormais que l’on se réfère à  la loi. Mais il faut, que, dans le code de la presse, les fameuses «lignes rouges» soient définies de manière précise, sans équivoque.

Depuis quelques années, la presse fait parler d’elle comme jamais auparavant. Et elle le doit bien évidemment à la liberté de ton dont elle fait preuve, avec parfois des excès inimaginables auparavant.
Si l’on se réfère à l’expérience d’autres pays ayant connu des évolutions politiques similaires, on peut dire que ces excès étaient prévisibles et qu’ils sont transitoires.
Ce qui mérite d’être souligné, c’est que ces excès sont commis au nom de la liberté d’expression.
Dans les pays démocratiques, le contenu d’un journal, et la liberté d’écrire qui va avec, obéissent à deux catégories de limites : la loi et le code de déontologie.
Ces deux limites sont de deux natures différentes. La loi est opposable à tous. Le code (ou charte) de déontologie est un engagement volontaire des rédactions. Sur un principe général, par exemple la protection de la vie privée, deux codes de déontologie peuvent donner des réponses différentes.
Au sein de la profession, un travail est entrepris depuis quelques mois sur la déontologie. Et le Maroc dispose au moins d’un bon spécialiste en la matière, reconnu internationalement, le Pr Jamaleddine Naji.
Il arrive couramment, dans les salles de rédaction, qu’un rédacteur en chef s’entende accuser de censure de la part d’un journaliste auquel il a simplement demandé de respecter la loi et/ou la déontologie.
Comme le disent les juristes, «la liberté d’expression est un droit fondamental mais elle n’est pas un droit absolu». Plusieurs constitutions européennes lui fixent des exceptions. Il en est de même des textes de référence comme la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen (1789), la Convention européenne des droits de l’Homme ou le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (1966).
Ces exceptions sont de deux ordres: la protection des personnes, des groupes et des valeurs ; la protection des Etats, en particulier la sécurité publique et la sécurité nationale.
L’évolution du Maroc exige désormais que l’on se réfère à la loi. Mais il faut, pour cela que, dans le code de la presse, les fameuses lignes rouges soient définies de «manière précise», sans équivoque.
Quand on brûle le drapeau national, quand on jette des cocktails molotov sur les forces de l’ordre, quand on prend systématiquement des positions subversives, il ne s’agit pas d’opinions. La liberté d’expression a bon dos