Libérez les otages…

Casablanca, Rabat, Tanger, Fès, Agadir…, on ne compte plus le nombre de fois où les grandes villes ont défrayé l’actualité qui pour une session de conseil aux allures d’un ring, qui pour des projets vitaux bloqués à  cause de luttes entre élus et avec toujours un seul et même résultat.

des services municipaux de piètre qualité, des villes qui manquent cruellement d’équipements publics, des communes budgétivores qui consomment la dotation de l’Etat à payer des salaires, des projets de développement en panne non pas faute de fonds mais à cause des guéguerres entre politiciens…Bref des villes entières prises en otage.

Pourtant, il y a quelques années, on nous avait bien présenté la nouvelle Charte communale comme étant LA solution à tous les maux de nos métropoles. Sur le papier, en effet, le texte n’a rien à envier à ce qui se fait ailleurs, là où la gestion locale a réussi. Mais sur le terrain, l’application et l’utilisation que font nos élus de ce texte ont produit jusque-là des résultats inverses, voire catastrophiques. Doit-on rappeler que c’est suite à un coup de gueule royal, en octobre 2013, que les élus de Casablanca ont daigné enfin se mettre réellement au travail comme ils auraient dû le faire bien avant ? Et pour l’instant, on n’a pas encore vu du concret. Pour la ville de Rabat, autre exemple, ce sont bien les projets initiés et suivis personnellement par le Souverain, comme la vallée de Bouregreg, le tramway ou encore le nouveau musée, qui font avancer la capitale dont le Conseil est embourbé depuis des années dans des luttes intestines et partisanes interminables. Le schéma est dupliqué pratiquement dans toutes les grandes villes du pays : des élus qui passent leur temps à se faire la guerre pour des raisons de politique politicienne et partisane, quitte à bloquer des projets vitaux pour les citoyens-électeurs.

Que fera-t-on demain quand ce qui se passe aujourd’hui à l’échelle d’une ville s’étendra à toute une région ? Les élections de ce 4 septembre sont le premier pas du Maroc sur la voie d’une régionalisation avancée. Telle qu’elle est présentée dans les textes de lois, l’option de la régionalisation est très séduisante. Mais comme pour la charte communale, quand les élus vont s’en emparer, il n’est pas impossible qu’ils en fassent un usage pervers. On peut imaginer ce que cela peut donner, par exemple, pour une région aussi névralgique pour le pays regroupant à la fois Casablanca, Mohammédia, El-Jadida et Settat et qui se retrouverait paralysée à cause de querelles entre élus. A moins que, cette fois-ci, nos politiques ne fassent réellement leur révolution. Le Souverain a en tout cas été on ne peut plus clair à ce sujet lors de son dernier discours du 20 Août où il a sommé les partis et les candidats à cesser de mener les Marocains en bateau…