Les vertus de la com’

Le ministère de l’intérieur a visiblement entamé une nouvelle démarche dans le traitement de l’information depuis quelques mois.

Tout incident, événement ou fait relevant de son rayon, nécessitant des clarifications, un recadrage ou un complément d’information fait l’objet, presque systématiquement, d’un communiqué portant le sceau du ministère à travers sa cellule de communication. Les médias savent désormais qu’il y a du répondant et un point de contact qu’ils peuvent solliciter à tout moment, 7j/7.

Certes, les services de l’Intérieur ne font pas dans la pléthore de l’information et donnent parfois les informations en style télégramme, mais c’est un bon début et c’est mieux que rien. C’est surtout le meilleur moyen de lutter contre la désinformation et l’intox qui nuisent souvent à l’image de l’administration quand ce n’est pas à celle du pays tout entier.
Combien de fois, par le passé, l’administration s’est trouvée prisonnière du silence qu’elle s’est imposé, laissant libre cours à la manipulation de certains, aux interprétations, aux récits fantasmagoriques. C’est encore plus vrai aujourd’hui, vu la rapidité avec laquelle l’information circule à travers internet, facebook, youtube et Cie.

Une autre preuve des vertus de la com’ : le retournement spectaculaire de la situation et des positions en faveur du Maroc dans l’affaire du Sahara. Car la diplomatie proactive actionnée par le Souverain est d’abord et avant tout un exercice éminemment basé sur l’ouverture et la communication. En s’en ouvrant à l’opinion publique, y compris internationale, dans ses discours, le Souverain a envoyé des messages forts à toute la communauté internationale qui ont inversé l’équation : le Maroc est ouvert au dialogue et à la critique constructive, tous ceux qui souhaitent venir visiter nos provinces du Sud le font et y circulent librement. Plus encore, le Maroc fait lui-même son autocritique. Faut-il rappeler le nombre de fois où les discours royaux ont fait allusion à la nécessité de revoir notre gestion du dossier ? N’est-ce pas sur instructions royales que le Conseil économique, social et environnemental a établi un diagnostic sans complaisance de la situation dans les provinces du sud pour proposer ensuite une feuille de route sérieuse ?

Cette démarche a grandement servi la cause du Maroc surtout qu’elle contraste de manière flagrante avec celle de nos voisins qui, depuis des décennies, refusent aux instances onusiennes chargées des réfugiés de fouler le sol de Tindouf…

En entreprise, en affaires comme en matière de gestion des affaires publiques, la com’ n’est pas un luxe mais une nécessité, voire une obligation. L’accès à l’information figure même dans la Constitution. Mais, bizarrement, le gouvernement, lui, et à mi-mandat, ne semble pas encore enthousiaste pour donner corps à cette disposition…