Les uns et les autres.

Il y a une différence entre le droit d’avoir sa propre opinion sur la question du Sahara et le fait d’être logé, nourri et blanchi aux frais de l’Etat marocain et agir contre les intérêts de ce dernier.

Où va l’Université ? Aussi apaisant que puisse être le langage des responsables académiques et sécuritaires, il y a de quoi être inquiet. Certes, le moteur tourne, mais avec quel rendement ? Aujourd’hui, 50 étudiants peuvent bloquer une année scolaire pour 3 000 de leurs camarades en ayant recours à la force et à l’intimidation. Des jeunes ayant échoué dans leur cursus continuent à occuper des chambres au sein des campus universitaires quand ceux qui peuvent légitimement y prétendre habitent dans des bidonvilles par manque de moyens. D’autres exigent que leur soit donnée la priorité en tout parce qu’il sont d’origine sahraouie.
D’autres encore font du forcing pour entrer en troisième cycle sans passer par un concours. Armes blanches, tracts, menaces, provocation…, tous les moyens sont bons et les autorités sont visiblement prises en tenaille entre la nécessité de prévenir les troubles et garantir la sécurité, et le risque de se voir prises à partie pour violence gratuite. Les raisons de ces débordements sont connues : infrastructures insuffisantes, bourses dérisoires et injustices en tous genres.
Des problèmes qu’il n’est pas facile de régler tout de suite, mais qu’il n’est pas impossible de résoudre non plus. Mais, quand la contestation prend une tournure politique, quand l’Université sert de tremplin à des activités séparatistes, au prosélytisme religieux, ou à une revendication ethnique, l’Etat se doit d’agir.
Prenons le cas de certains étudiants saharaouis. Ils sont marocains, bénéficient d’une aide financière mensuelle de l’Etat, de la gratuité dans les transports publics et sont prioritiaires pour l’accès aux campus.L’on apprend qu’ils se servent de leurs avantages et de leur condition d’étudiant pour entreprendre des actions au profit du Polisario. Ainsi, on s’inscrit à Rabat en prévision d’une action de protestation auprès des ambassades ou encore on cherche la confrontation avec les forces de l’ordre pour filmer le clash et le diffuser sur Internet, drapeau séparatiste à l’appui. Il y a manifestement une différence entre le droit d’avoir sa propre opinion sur la question du Sahara et le fait d’être logé, nourri et blanchi aux frais de l’Etat marocain et agir contre les intérêts de ce dernier. Ces personnes doivent être bannies de l’enseignement public et leurs avantages supprimés. Le même raisonnement vaut pour les étudiants qui cherchent à embrigader leurs collègues dans l’extrémisme religieux ou la revendication ethnique. Ce sont nos impôts qui servent à ces fins que l’on ne peut que réprouver.