Les maîtres du monde

L’information ne figurera sans doute jamais dans le livre Guinness des records, pourtant une simple consultation des archives des Nations Unies, ce machin censé être l’arbitre des nations, suffirait à homologuer la performance. Israël détient le triste record des résolutions, votées par l’Assemblée générale de l’Onu ou son Conseil de sécurité, et non respectées : 73 à aujourd’hui et le compte n’est pas fini. 63 ans après la création d’Israël, le plus vieux conflit au monde n’en finit pas de faire couler du sang et des larmes, de répandre de la misère et de l’injustice.
Le monde est ainsi fait. Dans bien d’autres cas, et notamment en Irak ou en Iran, le non-respect d’une seule résolution peut entraîner des sanctions commerciales ou même des interventions militaires. Pas pour Israël. Ce même Israël dont le Premier ministre, fortement applaudi par un congrès américain,  acquis à sa cause, le 24 mai, vient d’enterrer un peu plus l’espoir de paix avec la Palestine.
Jusqu’où ira Israël dans son impunité ? Au classique refus de retour aux frontières de 1967 fixées par le tracé de l’Onu, à nouveau exprimé ce 24 mai, se sont ajoutés des diktats d’un Etat qui ne craint plus rien. Israël veut non seulement être reconnu mais également que les Palestiniens le reconnaissent comme Etat juif. Ce retour à un sentiment national sioniste est à lui seul un camouflet à la face des nations. Jamais un pays n’a revendiqué le privilège d’une reconnaissance sur la base du facteur religieux. La dérive est dangereuse.
Israël veut également diviser les Palestiniens entre bons et mauvais. Pas de Hamas. On dénie à un peuple le droit à l’unité, lui qui en a été justement privé pendant 5 ans. Il faut rappeler que le monde occidental a lui-même tourné le dos au mouvement Hamas qui avait légitimement remporté les premières élections organisées en Palestine, plongeant le pays dans une crise sans précédent, démantelant de facto les structures d’un Etat qui avait commencé à naître.
Et demain et dans un an ? Rien ne changera parce qu’Israël en aura décidé ainsi. Parce que les Etats-Unis, la plus grande puissance au monde, seule en mesure d’imposer la paix, sont à sa botte. Ils lui donnent 3 milliards de dollars par an, se font dénigrer publiquement par leur protégé et encaissent stoïquement… pour le bien d’Israël. Et cela dure depuis 63 ans.