Les leçons du Mondial

Que l’on gagne ou que l’on ne gagne pas, c’est ce Maroc-là que nous voulons : sérieux, tourné vers l’effort et l’avenir.

Le verdict ne sera connu que ce samedi, à partir de 11heures GMT, mais on peut d’ores et déjà tirer les leçons du parcours marocain dans la course à l’organisation du Mondial de football 2010, l’événement planétaire le plus prisé.
Cette candidature du Maroc est la quatrième du genre. En y pensant dès 1986, Hassan II avait été, comme à son accoutumée, visionnaire et audacieux. Mais c’est la première fois que le dossier est aussi solide. Il a été élaboré avec professionnalisme et la candidature est défendue avec des arguments autres que l’amitié, l’affectif ou les liens politiques. Le monde évolue et ceux-ci ne suffisent pas toujours à faire la différence.
En football, il y a des matches serrés, dont le score final est étriqué, dont l’enjeu est important mais qui au final se jouent sur un détail : un pénalty, une erreur de la défense, un exploit individuel… Le match Maroc-Afrique du Sud de ce samedi est de ceux-là. Sauf qu’il n’y aura pas de match nul.
•Si la candidature sud-africaine est retenue, il faudra rapidement dépasser l’amertume de la déception. Comme sur un terrain de foot, il faudra se dire que le verdict n’est pas toujours juste. C’est vrai que le Maroc a toute la légitimité et le savoir-faire pour organiser le meilleur Mondial 2010. C’est vrai que le Maroc a été le premier pays africain à se porter candidat. Mais il faudra se dire que la candidature marocaine a été bien défendue, que le Maroc a bien travaillé pour la promouvoir et qu’il faut continuer sur cette lancée: c’est-à-dire avoir du dessein, mobiliser toute son énergie ; il faut savoir que le travail et les efforts paient souvent… pas toujours malheureusement. En un mot, il faudra que le Maroc continue sur sa lancée et évite les syndromes à la fois de découragement et de victimisation.
•Si la candidature marocaine l’emporte, ce n’est pas une fin en soi. Le plus dur reste à faire : organiser une édition excellente à tous points de vue. Et faire du Mondial un tremplin pour un décollage économique dont le Maroc a vraiment besoin.
Il faudra aussi se dire que si le Maroc obtient l’organisation de la plus prestigieuse compétition mondiale, ce ne sera pas un cadeau de la providence mais le fruit de ses efforts et du travail de ses hommes.
Alors, que l’on gagne ou que l’on ne gagne pas, c’est ce Maroc-là que nous voulons : un pays sérieux, tourné vers l’effort et l’avenir