Les leçons de Strasbourg

La raison et la sagesse finissent toujours par s’imposer et le sérieux par payer. Quand on voit le score final du vote du Parlement de Strasbourg, d’ailleurs largement en faveur de l’accord de pêche entre le Maroc et l’Union européenne, on est loin de se douter du volume de travail que cela a nécessité et le niveau d’implication des responsables marocains, à  différents niveaux, même dans les plus petits détails qui n’apparaissent pas.

Un effort colossal grâce auquel les eurodéputés ont finalement, et naturellement, donné raison au Maroc malgré toutes les gesticulations et les coups tordus de certains. C’est que, en coulisses, les ennemis du Maroc mais aussi les jaloux, qui sont nombreux, ont tout tenté, comme à l’accoutumée, pour que les Européens ne signent pas.

A coup d’argumentaires, de documents et de rapports fallacieux émanant d’officines louches financées par qui on sait, des mercenaires, durant des semaines, ont fait le tour des ONG «amies» en Europe, ont sillonné les couloirs des instances européennes avec dans leurs valises des documents mais certainement aussi quelques devises sonnantes et trébuchantes. A l’opposé, les responsables marocains, eux, avaient pour leur seul défense le sérieux et la transparence des positions de notre pays. Mais pas seulement. Ce qui a probablement aidé le Maroc aussi, c’est de plus en plus la comparaison avec ce qui se passe dans la région, la trajectoire que nous sommes en train de réaliser et qui contraste fortement avec les autres. Et puis, surtout, ce qui a certainement plaidé pour le Maroc, c’est le travail titanesque que réalise le Souverain à l’échelle internationale et qui fait du Maroc pratiquement le seul pays en Afrique impliqué de manière sérieuse aux côtés des puissances mondiales et pays amis pour la lutte contre le terrorisme, l’extrémisme, la violence sous toutes ses formes.
L’autre enseignement que nous pouvons tirer de ce qui vient de se passer au Parlement européen est que, malgré des positions légalistes et des dossiers bien ficelés, rien ne remplace le travail de terrain. Si le vote du Parlement européen a été largement en faveur du Maroc, c’est aussi grâce à une présence intensive des équipes opérationnelles du Maroc près des cercles de décision, à l’implication directe des hauts responsables et aussi à un minutieux dispositif de veille déployé durant des mois. Cette veille a finalement permis à chaque fois de connaître bien à l’avance et anticiper les manœuvres ennemies destinées à saper l’image et les intérêts du Maroc. Voilà donc une véritable boîte à outils qui a été testée en grandeur nature et dont l’efficacité vient d’être prouvée.

Au moment où le Maroc tente de reconstruire sa diplomatie économique, il serait dommage de ne pas capitaliser une telle expérience pour en faire désormais un mode opératoire pour nos diplomates…