Les gardiens du temple

Cette semaine, le secteur bancaire, représenté par le patron du GPBM, devait «comparaître» au Parlement devant les députés membres d’une commission d’information sur le secteur.

 

L’objectif initial de cette commission, formée début 2020, était de permettre aux élus de s’assurer que les mesures décrétées par les autorités monétaires et le gouvernement notamment en faveur des opérateurs économiques étaient bel et bien appliquées par les établissements financiers. Il n’est pas anodin que cette commission se mette en marche quelques jours seulement après l’explosion de la crise sanitaire. Face à la pandémie, les entreprises étaient désemparées, paralysées et même menacées de disparition. En pareille situation, et à l’instar de ce qui s’est passé dans le monde entier, le secteur bancaire constituait véritablement la planche pour les opérateurs. Quand bien même, sur le terrain, des chefs d’entreprises auraient dû faire face à des réticences, des lourdeurs, des tracas administratifs et procéduriers, les banques marocaines ont globalement joué leur rôle de bouée de sauvetage pour l’économie tout entière, que ce soit pour les entreprises ou pour les ménages.
La chance du Maroc a été justement de disposer d’un secteur bancaire dont la solidité est avérée depuis des années. Mais cette bonne santé peut parfois sembler insolente à certains, notamment quand il s’agit de politiciens dont le sport favori est de jouer sur les cordes populistes. S’il n’en tenait qu’à eux, il aurait fallu dépouiller les banques depuis longtemps de leurs dispositifs de sécurité en ouvrant les robinets à tout-va. Heureusement que les autorités monétaires au Maroc, en l’occurrence Bank Al-Maghrib, sont, elles aussi, suffisamment sensées et réalistes pour ne pas être affectées par le délire politicien.
Et elles le font en parfaite connaissance de cause. Si en mars dernier, les banques n’avaient pas été suffisamment immunisées et solides c’est toute l’économie marocaine qui serait aujourd’hui terrassée tout simplement. Mais même avec ce crash-test réel et grandeur nature réussi, les gardiens du temple financier au Maroc ne crient pas victoire. En attestent les épreuves de résilience que fait passer la banque centrale de manière fréquente aux banques de la place pour s’assurer qu’elles sont constamment en état d’amortir encore d’autres chocs violents. Pour l’instant, et aux derniers résultats, le secteur bancaire marocain démontre indéniablement une résistance à toute épreuve. Pourvu que ça dure…