Légiférer jusqu’au bout

Dans quelques jours, les parlementaires ont rendez-vous pour l’ouverture de la session de printemps. Une session qui sera, en fait, la dernière de la dixième législature qui couvre la période 2016-2021.

 

Ce sera donc le dernier round pour les députés et les conseillers avant d’entamer la grande bataille électorale. Certes, la tradition de l’hémicycle a montré que la dernière session précédant les élections législatives ressemble plus à une formalité et ne connaît pas de débats avec le même engagement et la même intensité qu’en début ou au milieu de la législature. Non pas que les enjeux sont de moindre importance mais, probablement, parce que les élus ont déjà la tête dans la campagne et les préparatifs au grand jour du vote.
Sauf que pour cette année 2021, malgré qu’elle soit une année électorale, la conjoncture et les enjeux sont exceptionnels. La crise sanitaire est loin d’être finie et le Maroc, comme le reste du monde, n’est pas sorti de la zone de turbulence. Cette conjoncture sanitaire a imposé, et continue encore, à l’Etat et aux pouvoirs publics de prendre des mesures exceptionnelles pour assurer une gestion la plus optimale possible de la situation, pour accompagner la société et les ménages, pour soutenir l’économie et les entreprises. Pour beaucoup de ces mesures, l’activation ne peut se faire qu’à travers la voie législative qui passe évidemment par les élus. En cette année 2021, et toujours dans le prolongement de la crise sanitaire, il y a des réformes vitales et urgentes qui doivent impérativement et rapidement être examinées, finalisées et même mises en marche.
C’est le cas particulièrement de la loi devant instaurer la généralisation de la protection sociale appelée par SM Mohammed VI. D’autres textes et réformes devront suivre comme la loi sur la légalisation des usages du cannabis ou encore la grande réforme en profondeur des établissements publics.
Lors de cette dernière session de printemps, les parlementaires auront ainsi fort à faire et devront s’acquitter de leur devoir avec engagement et implication jusqu’à la dernière minute, même s’ils ne sont qu’à quelques mois d’achever leur mandat. Il faut espérer aussi et surtout que certains élus ne profiteront pas du timing et de leur position dans le circuit pour instrumentaliser les débats sur des textes aussi importants à des fins partisanes et purement électoralistes. Ce serait détourner la noble mission du pouvoir législatif au détriment de l’intérêt général auquel elle est censée être vouée…