L’effet boule-de-neige

Tout d’un coup, on a
comme l’impression que
la machine montre des
signes d’essoufflement.
La baisse de
la consommation
des ménages en est
le principal signe.

Bizarre ! C’est le constat que l’on peut faire quand on évoque l’évolution de l’économie au cours de ces cinq premiers mois de l’année. Jusqu’à  la fin du premier trimestre, et même tout au long de la première décade d’avril, tout allait bien. Il n’y avait pas de dissonance dans les analyses des patrons et l’on répétait à  l’envi que l’économie avait pris le chemin d’une croissance régulière. Tout d’un coup, on a comme l’impression que lamachinemontre des signes d’essoufflement. La baisse de la consommation des ménages est le principal signe mis en exergue par une partie des milieux d’affaires. En l’absence d’indicateurs mensuels rigoureux, les plus optimistes ne peuvent que rétorquer qu’il s’agit juste d’une impression.

On aimerait bien qu’il en soit ainsi. Le hic est qu’auprès d’une grande chaà®ne de distribution bien outillée pour lire le comportement de consommation de la population, on assure bel et bien que le panier moyen a baissé, bien que la fréquentation se soit maintenue. Il faut aussi faire un tour du côté des lieux de loisirs pour se rendre compte qu’une petite baisse de régime existe bel et bien.

Il faut donc prêter attention à  cette donne. Le fait de rechigner à  dépenser dévoile une certaine perte de confiance quant à  l’avenir immédiat. Attitude qui, si l’on n’y prend garde, est en mesure de créer un effet boule-de-neige. Qu’on se le dise, aucune économie ne progresse de façon rectiligne.

Ce n’est donc pas tant un trou d’air qui inquiète, mais le sentiment de replonger dans le creux sans pouvoir redresser la barre. Heureusement qu’une bonne partie du secteur privé continue de croire dur comme fer que les bases d’une bonne année sont acquises, même si, en fin de course, le taux de croissance sera affecté par la mauvaise production céréalière. L’optimisme, tout comme la déprime, est contagieux et on ose espérer que les tenants de la première attitude pourront prendre le dessus. Il revient aussi aux pouvoirs publics de donner le la, en maintenant la cadence des chantiers lancés et en donnant de la visibilité sur les mois à  venir. A la veille d’un scrutin décisif pour l’avenir du pays, il est en effet tentant pour les politiques de mettre en berne leurs charges pour courir derrière une circonscription, alors qu’on ne peut plus se payer le luxe de faire l’impasse sur un exercice.