Leçons d’Ebola

A quelque chose malheur est bon, dit l’adage. Le fléau de l’Ebola est une illustration parfaite de la grande détresse dans laquelle vit le continent africain. Et ce qui se passe en Afrique de l’ouest n’est probablement qu’un petit échantillon des déficits et de la fragilité du continent.
Des déficits qui font qu’une épidémie soit capable non seulement de décimer des populations entières mais de rayer carrément de la carte des Etats obligés, par leur impuissance, de déserter des parties de leurs territoires.

Avant de parler business, développement, consommation, beaucoup d’Etats africains ont d’abord et surtout besoin de projets structurants dans le domaine social à même de permettre de pérenniser la vie et les activités humaines dans ces pays.
Des hôpitaux, des routes et des voies de communication, de l’eau potable et de l’électricité, des réseaux d’assainissement, de l’habitat décent et salubre. Et avec tout cela, il faut aussi et bien sûr des compétences, des femmes et des hommes pour encadrer, mettre en œuvre les projets, les suivre et les faire aboutir.

Ce n’est pas par hasard que le Souverain, à chaque fois qu’il se rend en terre africaine, consacre le plus gros de ses actions, de ses efforts, à la condition humaine en Afrique. Et le triste épisode Ebola lui a bien donné raison : il ne peut y avoir de développement économique et de développement tout court sans un socle humain et social sain et solide.

Ce n’est pas pour autant que le challenge n’est plus profitable pour les entreprises marocaines. Au contraire. Il n’y pas si longtemps, deux ou trois décennies à peine, les déficits en infrastructures et en équipements sociaux au Maroc étaient encore à des niveaux inquiétants. Il y en a certainement encore. Mais le fait est que l’extraordinaire rattrapage fait ces 15 ou 20 dernières années a permis au Maroc d’améliorer nettement les conditions de vie et, en même temps, constitué un formidable réservoir de commandes pour le privé et surtout d’emplois.

Bien entendu, la question du financement se posera toujours. Mais là aussi, les projets d’infrastructures ont permis au Maroc d’expérimenter puis de trouver les meilleurs montages en réussissant à impliquer de grands bailleurs de fonds mondiaux en toute confiance. C’est de ce savoir-faire et cette expérience marocaine que l’Afrique a d’abord le plus besoin. Dans la foulée, bien entendu, le secteur privé marocain pourra certainement y trouver son compte. Quant au volet financement, la voie est toute tracée pour le Maroc qui a le privilège d’être le réceptacle du fonds Africa50 dédié par la BAD aux projets d’infrastructures en Afrique. Et pour réussir toute cette démarche, il ne faut pas oublier un ingrédient déterminant : la modestie. C’est cela le vrai  partenariat gagnant-gagnant…