Le vrai virus

Dans les heures et jours qui ont suivi la déclaration du premier cas de Coronavirus au Maroc, et à en croire les réseaux sociaux, d’autres sont apparus çà et là, notamment dans certains établissements scolaires.

Dans la suite, autre information qui a secoué l’opinion publique : le ministère de l’éducation a décidé de fermer les écoles publiques.

Et comme une mauvaise nouvelle ne vient jamais toute seule, plus tard, on apprendra aussi, mais sur un tout autre registre, que le Maroc sera désormais soumis à un rationnement d’eau potable à raison de 3 heures seulement par jour. Toutes ces informations, et bien d’autres, ont été véhiculées, transférées, relayées, vues et lues par des centaines de milliers, voire des millions de personnes au Maroc avec le plus souvent des documents qui paraissent officiels. Et elles sont évidemment toutes archi-fausses. Il n’y avait aucun cas de Coronavirus à part celui officiellement déclaré le lundi 2 mars. L’Office en charge de l’eau potable, lui, a été obligé de sortir pour démentir l’information sur le rationnement. Quelques heures auparavant, c’était au ministère de l’éducation de publier à grande échelle, y compris à travers des chaînes publiques, un communiqué où il niait l’existence d’une quelconque décision de fermer les écoles.
Mais le fait est que ces tonnes de fakenews qui inondent les réseaux et s’y propagent à une vitesse supersonique, en attendant d’être identifiés comme des faux, produisent déjà leurs effets, psychose, panique…

S’il y a un virus auquel il est urgent de s’attaquer aujourd’hui c’est bien celui des fakenews sur les réseaux.

Dans une affaire récente, les pouvoirs publics ont fait preuve d’une célérité exemplaire pour démasquer et neutraliser un site malveillant qui diffamait les stars, colportait les fausses informations et divulguait des données personnelles revêtant le caractère de vie privée.

Mais que doit-on faire alors quand des rigolos ou des esprits malveillants s’amusent à falsifier des documents officiels et à les poster à grande échelle avec tout le préjudice que cela cause ?

Contre un virus, il y a deux types de remèdes possibles : vacciner en amont pour immuniser ou traiter en aval en cas de déclaration.

Dans le cas des fakenews, la vaccination ne suffit pas. Il faut attaquer à l’antibiotique et de préférence à fortes doses. La législation existe. Il suffit de l’appliquer totalement et scrupuleusement : toute personne ayant, preuves à l’appui, diffusé, colporté, transféré, relayé ou contribué, même involontairement, à la propagation de fausses informations, de documents falsifiés par n’importe quel moyen doit être sanctionnée. Et plus la sanction sera pécuniaire, mieux ce sera.