Le virage 5G

A l’instar des quinze dernières années, durant lesquelles la face du monde a profondément changé à travers l’explosion des technologies de l’information, les prochaines décennies, y compris celle qui démarre avec 2020, connaîtront un autre grand virage dans le même prolongement.

Deux facteurs nouveaux, en effet, viendront s’ajouter pour multiplier par dix, voire par cent, la vitesse de transformation sociétale planétaire: la 5G et l’intelligence artificielle. Si la deuxième en est globalement encore à ses stades ultimes d’expérimentation et de développement, la première, elle, est déjà une réalité.

La 5G n’est pas seulement une simple évolution des performances d’installations et d’infrastructures de télécoms mais littéralement un passage à un nouveau type de réseaux et d’équipements qui permettront des utilisations, des applications jamais imaginées auparavant, dépassant de loin les domaines du traitement et de l’échange d’informations, de la data et de la voix. Avec un dispositif médical robotisé et connecté via la 5G, un chirurgien à Casablanca ou à Rabat aura la possibilité d’opérer en temps réel un patient à des milliers de kilomètres. Dans une ville difficile comme Casablanca, la mobilité, le trafic et le transport peuvent être régulés, organisés en temps réel à distance sans l’intervention humaine. Une entreprise minière pourra, grâce à la 5G, exploiter ses sites sans envoyer de mineurs à des centaines de mètres sous terre. La 5G peut permettre la gestion instantanée et précise de dispositifs de sécurité publique, de ports, d’aéroports…

La nouvelle génération ouvre d’incroyables autoroutes pour le développement à travers l’amélioration et la généralisation de services en contournant les écueils matériels de la géographie, de l’éloignement ou encore les contraintes liées à la disponibilité de ressources humaines.

Il ne s’agit pas de science-fiction mais de réalité déjà en marche. La 5G est déjà déployée dans plusieurs pays et régions du monde où elle produit déjà ses effets. Et les 100000 scientifiques et chercheurs d’une firme comme Huawei travaillent déjà sur la 6G.

Au Maroc, où l’on parle d’un modèle de développement inclusif basé sur la généralisation des soins de santé, des services financiers, de l’éducation ou encore sur la diffusion à large échelle des technologies et de la connaissance pour construire une économie plus performante basée sur le savoir, la 5G sera inévitablement l’une des principales clés. Mais encore faut-il que l’on s’y mette rapidement et sans trop attendre. Car, aujourd’hui, et à en croire les premiers indices, la 5G ne sera pas disponible avant fin 2021. Au même moment, des pays comme l’Egypte, la Tunisie ou l’Afrique du Sud sont déjà plus avancés et risquent de déployer les réseaux de nouvelles générations bien avant le Maroc.

Or, en Afrique, comme partout dans le monde, la bataille pour le développement et les enjeux géopolitiques seront éminemment technologiques.