Le vide sidéral…

Qui va s’allier avec qui ? Et pourquoi ? Qui va profiter de l’abaissement du niveau du seuil à 3% ? Comment et sur quels critères va-t-on partager le gâteau de la subvention étatique ?

Nous sommes à six mois des élections du 7 octobre et force est de constater, désespérément, que les partis politiques restent toujours obnubilés par les petits calculs purement électoralistes, les deals tactiques, les questions d’ordre logistique, financier… Bref, nos chers politiciens parlent de tout sauf de l’essentiel, à savoir ce qu’ils vont présenter aux électeurs.

Pour avoir été aux affaires ces cinq dernières années, les partis de la majorité pourraient et devraient, par exemple, présenter leur bilan de manière honnête, faire le diagnostic de leur expérience, parler de leurs erreurs, pourquoi pas vendre leurs réussites mais également expliquer les raisons de leurs échecs et surtout  dire aux électeurs comment ils comptent procéder pour rectifier le tir. Les partis de l’opposition, pour leur part, pourraient et devraient eux aussi, sur la base de l’expérience des cinq dernières années, exposer leurs analyses et leurs visions.

Il n’est un secret pour personne que les préoccupations majeures des Marocains sont aujourd’hui d’ordre éminemment économique et social: l’emploi, les revenus, la santé, la scolarité des enfants, les services publics, le transport, l’habitat… Ce sont là les vrais et seuls sujets qui parlent au citoyen encore plus avec la conjoncture actuelle.

Lequel de nos partis, à six mois  des élections, est venu exposer ce qu’il propose pour trouver les 250000 à 300 000 emplois à créer chaque année pour résorber le chômage ?

En dehors des propositions farfelues qu’on a pu entendre çà et là en 2011, les partis pourraient-ils nous exposer ne serait-ce qu’une ébauche de stratégie sérieuse et raisonnable pour pouvoir atteindre un taux de croissance soutenu? Quid aussi des grandes questions brûlantes comme la réforme des retraites, celle de l’enseignement, la mise en application effective des régions ?

Certes, lors des précédentes élections, certains partis, surtout les plus grands, avaient présenté dans leurs programmes des semblants de volets économiques. Mais force est de constater que plusieurs de ces idées restent de simples vues de l’esprit, des constructions intellectuelles sans plus. On a pu lire dans certains de ces programmes des promesses de taux de croissance de 7%, des projections de création d’un million d’emplois en cinq ans et bien d’autres énormités. L’électorat marocain a évolué. Il est plus jeune, globalement plus instruit et surtout très allergique encore à la chose politique. Et ce n’est pas en lui servant encore le même menu que les partis vont réconcilier les jeunes avec les urnes…