Le temps d’agir

Tant que les prix
du carburant sont subventionnés, on ne pense pas à  faire des économies d’énergie.
Il faut un électrochoc.

C ela fait trois mois que le gouvernement annonce son intention de revenir au système d’indexation des produits pétroliers sur les cours internationaux sans toutefois se résoudre à  passer à  l’acte. Pendant ce temps, non seulement le cours du baril ne s’assagit pas, les catastrophes naturelles touchant des zones de production se succédant et les capacités de raffinage étant insuffisantes pour répondre à  la demande, mais il ne risque pas de se stabiliser non plus au cours des mois à  venir avec l’arrivée de l’hiver, période traditionnelle de hausse de la demande. Pendant ce temps aussi, la Caisse de compensation ploie – virtuellement – sous un déficit supporté en grande partie par les sociétés pétrolières. Pendant ce temps, enfin, aucune politique énergétique qui permettrait de réduire la dépendance par rapport au pétrole n’a vu le jour. On se tâte, et l’hésitation n’a que trop duré. La vérité des prix est devenue aujourd’hui nécessaire. Deux raisons militent pour cela. L’équité sociale et la rationalité économique. L’équité sociale parce que les entreprises et les particuliers ne sont pas égaux devant une subvention dont ils profitent de la même manière. Pour les premières, la facture pétrolière est une charge déductible, pour les seconds, c’est une charge tout court. Or, l’objectif premier d’une subvention est de venir en soutien à  une politique sociale avant l’économique. La deuxième raison est que la subvention met des Å“illières à  la réflexion en matière d’économie d’énergie. Tant que les prix sont artificiellement inférieurs à  ce qu’ils devraient être, tant que le parapluie du soutien existe, le citoyen gardera le réflexe de prendre sa voiture pour aller chercher du pain à  500 mètres de chez lui, les villes persisteront à  avoir des parcs d’autobus qui consomment 25 litres/100km et l’Etat gardera ses bureaux illuminés à  trois heures du matin, ses guirlandes de fêtes bien après les fêtes et ses lampadaires qui diffusent le gâchis en plein jour. Il faut un électrochoc. Et le citoyen dans tout cela dira-t-on ? Il va payer son essence à  12DH? Certes, mais, d’une part, il consommera de manière plus réfléchie, et, d’autre part, comme cela a été fait en Europe, l’Etat pourrait affecter une partie des 6 milliards de DH que paie la Caisse de compensation au titre du carburant pour venir en aide aux ménages selon l’équation revenu/dépenses de carburant. Il serait aussi temps d’activer le plan gazier. C’est le moment d’agir