Le Renouveau

L’agriculture marocaine constitue le fait marquant incontournable cette semaine. Et quand on parle d’agriculture, on ne peut omettre d’évoquer la réussite, aujourd’hui incontestée, du Plan Maroc vert.

Le plan est d’abord le modèle type de la politique publique réussie. Les chiffres et réalisations sont là pour le démontrer. L’investissement agricole a été presque doublé entre 2008 et 2014. Les exportations de produits agroalimentaires ont progressé de 34%. Le revenu annuel d’un agriculteur est passé de 5 000 à 8 000 dirhams sur la même période. Et la liste est longue.

Mais pas seulement. Des témoignages venus d’ailleurs sont également des marques de reconnaissance au génie marocain en la matière. De grands pays agricoles, et non des moindres, l’attestent officiellement. Et nos pays amis en Afrique, à l’image du grand invité des assises cette année, le Président sénégalais, Macky Sall, rendent hommage à la clairvoyance du Souverain qui a parié sur le renouveau agricole et surtout attendent avec impatience de pouvoir bénéficier de l’expertise marocaine.

Le Plan Maroc Vert est une stratégie volontariste imaginée par le Maroc pour le Maroc. Il n’a été ni dicté par des organisations internationales, ni recommandé par des bailleurs de fonds, ni inspiré ou calqué sur d’autres expériences.

Le PMV est typiquement une invention marocaine pour l’agriculture marocaine et c’est très probablement ce qui a fait et fera encore sa force. Car quand on dit invention marocaine c’est que réellement le plan, certes initié par des compétences marocaines, a été construit avec les opérateurs eux-mêmes, depuis le petit fellah qui exploite la petite parcelle d’un hectare à la grande exploitation moderne qui fait dans l’agriculture intensive et technologique en passant par les coopératives et les associations professionnelles.

C’est cette démarche réellement participative qui a fait que les acteurs se sont dès le départ fortement approprié la stratégie et c’est eux aujourd’hui qui la font vivre et avancer.

Et pour finir, l’autre enseignement majeur à tirer de la réussite du Plan Maroc Vert est que les vocations ne se perdent jamais et que, si elles sont bien cultivées, elles resteront toujours les vrais moteurs du développement et de la réussite collective. Dans la décennie 90 du siècle dernier, un ministre de l’agriculture, dont on taira  le nom, pourtant nommé à ce poste pour développer le secteur, avait tenté de défendre la thèse selon laquelle le Maroc n’était finalement pas un pays à vocation agricole et qu’il ne devrait pas espérer un jour avoir une agriculture moderne, intensive et performante. Tout cela pour arriver à la conclusion qu’il fallait abandonner les champs et investir dans d’autres secteurs. Et voilà que quelques années de PMV ont permis au Maroc de figurer aujourd’hui dans le top five des pays exportateurs de plusieurs denrées agricoles.

Heureusement pour le Maroc qu’une telle énormité n’a été ni validée ni mise en application…