Le grand foutoir

On ne compte plus les newsletters qui envahissent les boîtes aux lettres, chargées de brèves provenant d’informations copiées des journaux et des dépêches d’agences ou colportant rumeurs et fausses informations. Qui contrôle cela ?

Qu’est-ce un journal aujourd’hui ? De quelle autorisation officielle peut-il se prévaloir pour exercer ce métier et cette responsabilité morale à la fois qui est d’informer, de commenter et par la force des choses d’influencer l’opinion des autres. Il y a quelques années, cette question avait une réponse très simple : un agrément de l’Etat, à travers son représentant en la matière qu’est le ministère de la communication. Bien entendu, le responsable de l’organe de presse devait avoir rempli les conditions exigées par le Code de la presse (casier judiciaire vierge, pleine possession de ses facultés mentales…).

Aujourd’hui, l’intrusion de l’Internet dans le monde de la presse a bouleversé la donne. L’avantage indéniable est qu’elle a permis l’accès à l’information de manière quasi instantanée. L’inconvénient est que très souvent on ne sait ni d’où provient l’information, ni quelle est sa véracité.

Cela constitue un triple danger. Pour l’internaute d’abord qui peut avoir été induit en erreur, pour les personnes ou entités mises en cause qui n’ont aucun moyen de se défendre contre des assertions à leur encontre, pour la presse elle-même enfin qui se voit piquer ses informations, publiées sans son autorisation et sans même qu’il soit fait mention de l’auteur de l’article en question. En langage juridique, il s’agit de dol, diffamation et plagiat. Aujourd’hui, tout cela existe à des degrés plus ou moins prononcés. Tout cela est fait par des Marocains pour un public d’internautes marocains. On ne compte plus les newsletters qui envahissent les boîtes aux lettres, chargées de brèves provenant d’informations copiées des journaux et des dépêches d’agences ou colportant rumeurs et fausses informations. Qui a autorisé la publication de ces informations ? Quand on cherche un responsable c’est le vide intégral. Pas une adresse physique, pas un contact, seulement une adresse email. Après cela allez vous défendre quand votre réputation est écornée. C’est beau de vivre incognito et de vendre de la pub sur le dos des autres. Quel courage !

La presse est un métier qui implique un engagement et un sens de la responsabilité, si nous encourageons vivement cet élargissement du champ de l’information à l’Internet, nous demandons tout aussi vivement que la presse électronique soit réglementée, que ces auteurs soient connus, répertoriés et dûment autorisés. Autrement ça ira dans tous les sens et la société sera la première à en faire les frais.