Le (faux ?) 11 septembre

Jeudi 11 septembre, un commerçant marocain de confession juive a été assassiné par balles en pleine rue à  Casablanca.

Jeudi 11 septembre, un commerçant marocain de confession juive a été assassiné par balles en pleine rue à Casablanca. Au moment où nous mettions sous presse, il était impossible de connaître les mobiles du crime. Mais, plus que l’acte criminel lui-même, c’est l’hypothèse d’un acte terroriste qui est la plus inquiétante. Et, malheureusement, elle est plausible.
Un faisceau de présomptions mène en effet vers cette piste. D’abord, la nature des armes utilisées. Là où le règlement de comptes se fait à l’arme blanche, plus facile à trouver, les assassins, encagoulés, ont fait usage de pistolets automatiques. De telles armes ne peuvent provenir que d’une filière organisée ayant une connexion internationale.
Ensuite, le timing de l’opération et la confession du défunt. Il y a quelques jours, le ministre des Affaires étrangères israélien était en visite au Maroc. Un séjour motivé, entre autres, par l’éventualité de rouvrir le bureau de liaison entre les deux pays. Au même moment, il était question, en Israël, de lever la recommandation faite à ses citoyens de ne pas visiter le Maroc, classé comme pays dangereux. Si l’on ajoute à cela les menaces, à peine voilées, proférées, le 10 septembre, par le numéro deux d’Al Qaïda, à l’encontre de tous ceux qui entretiennent des liens de quelque nature que ce soit avec Israël, force est de reconnaître que beaucoup de questions surgissent. Surtout que le drame s’est produit un 11 septembre.
Bien entendu, tout cela n’est que conjectures, et nous espérons que le malheureux (paix à son âme) n’a été que la victime d’un règlement de comptes. Mais il est une chose qu’on ne doit pas oublier. La lutte contre le terrorisme est un combat de longue haleine. La récente arrestation des jumelles qui projetaient un attentat à Rabat est venue rappeler que si, depuis le 16 mai, le gros a été fait en la matière, il subsiste (pour combien de temps encore ?) un terrorisme résiduel qu’il sera plus difficile d’éradiquer.
Le Maroc entier doit rester vigilant et veiller à ce que le terrorisme ne se nourrisse plus du terreau de la misère, de l’intolérance et de la discrimination. Plus qu’avant, c’est cette vigilance qui nous protégera, malgré le 16 mai et… le (faux ?) 11 septembre