Le défi de la durabilité

Quelque 40 milliards de dollars ! C’est la somme colossale qu’investira le Maroc d’ici 2030 pour opérer sa reconversion énergétique.

Elle lui permettra de réduire sa dépendance des énergies fossiles et, au passage, de figurer dans un cercle fermé des pays à forte proportion d’énergie verte. C’est qu’en 2020 déjà, 42% de la puissance installée sera dans les énergies renouvelables et, en 2030, cette part s’élèvera à 52%. C’est dire que le choix de Marrakech pour abriter la prochaine COP semble parfaitement justifié.

Cette semaine, aussi, le Maroc est l’invité d’honneur de la célèbre et prestigieuse Semaine verte de Berlin qui s’est ouverte le 12 janvier. Une marque de reconnaissance de plus.

Quel point commun entre ces registres a priori très disparates ? La durabilité, la capacité à se projeter des décennies dans le futur car la manifestation de Berlin, comme son nom l’indique, n’est pas seulement un forum pour l’agriculture mais aussi une occasion pour les pays du monde entier de venir échanger sur les défis sociétaux et environnementaux auxquels sera confrontée l’agriculture mondiale dans les décennies à venir. Là aussi le Maroc a une expérience à partager et faire valoir.

Se préparer pour l’avenir est souvent synonyme de concessions dans le présent, d’investissements lourds à réaliser avec des espoirs de résultats dans des horizons lointains. Et c’est probablement pour cette raison que les grands et principaux chantiers qui conduisent à cette transformation profonde et lente, mais nécessaire, sont pour l’instant portés essentiellement soit par l’Etat, soit par des entités publiques, soit par des instances ou des institutions à caractère national.

Mais arrivera un jour où cette logique «prospective» devra inévitablement être déclinée à un niveau microéconomique et entrer dans les mœurs de l’entreprise, du management quotidien, de l’économie réelle. L’histoire récente de notre économie, sur les 30 dernières années, montre clairement qu’à chaque fois que c’est l’entreprise, de concert ou non avec l’Etat, qui a pris les devants et enclenché sa transformation en anticipant des tendances lourdes, les dégâts ont été nettement limités, pour ne pas parler carrément de bénéfices engrangés. A contrario, tous les épisodes où nous avons manqué collectivement de proréactivité ont coûté cher aux entreprises, à l’économie et au pays.

Aujourd’hui, certains secteurs stratégiques pour le Maroc doivent absolument enclencher leur transformation, se réinventer pour pouvoir durer. Et ce n’est pas seulement l’affaire des pouvoirs publics mais surtout et d’abord des opérateurs eux-mêmes.