Le cri de la nature

Dans notre quotidien, nos administrations, nos rues et nos médias grand public, le sursaut écologique est totalement absent.

Les études se suivent et elles sont alarmistes les unes autant que les autres. Fortes augmentations des niveaux des eaux, pertes à l’horizon 2100 de plus de 1,8 million de kilomètres de terre et déplacement forcé de 187 millions de personnes, déclin de certaines populations d’insectes (abeilles par exemple affectant directement les rendements agricoles et la sécurité alimentaire), disparition accélérée des espèces animales et végétales (un million d’espèces menacées d’extinction)… L’on a même récemment retrouvé du plastique dans la fosse des Mariannes, à 11 kilomètres de profondeur dans l’océan ! … La responsabilité de l’homme dans ce désastre mondial est clairement établie. Pour cela, il doit agir vite et avec efficacité, tant qu’il ne sera pas trop tard, disent les experts. Les pays développés, principaux pollueurs émetteurs de gaz à effet de serre, en premier. Mais ça c’est un autre débat.

Au Maroc, les effets du dérèglement climatique sont également une réalité : sécheresses répétitives et plus longues, stress hydrique, inondations… Dans une déclaration à notre confrère Medias24, Nezha Elouafi, ministre de l’environnement et du développement durable, évalue en milliards de dirhams le coût du risque climatique pour le Maroc. Pour sa part, l’ONG allemande Germanwatch évalue à 174 millions de dollars l’effet des risques climatiques pour le Maroc au titre de l’année 2019.

Bien sûr, une stratégie nationale existe en la matière. Le développement durable est inscrit dans la Constitution. On parle de plus en plus d’économie verte, de finance verte et même de fiscalité verte…. Toutefois, dans notre quotidien, dans la vie du citoyen lambda, nos administrations, nos rues et nos médias grand public, le sursaut écologique est totalement absent. Les centres de tri dont on parle il y a des années n’ont pas vu le jour, nos décharges publiques sont un crime écologique, notre rapport à une denrée aussi précieuse que l’eau est en nette inadéquation avec sa rareté… Encore une fois, le Maroc comme ses voisins du continent africain ne sont pas les plus pollueurs de la planète. Ce sont pourtant eux qui en pâtissent et en pâtiront le plus. Le message de Mère Nature est on ne peut plus clair.