Le casse-tête de Abbas Al Fassi !

Malgré l’effort considérable fait dans le cadre du dialogue social, le gouvernement risque, au mieux, de se retrouver au point de départ…

Unvrai casse-tête pour Abbas Al Fassi : il a promis de ne pas être celui qui alourdirait les charges des ménages et même qu’il serait celui qui les allégerait ! Jusque-là, il a tenu sa promesse.

Quoi qu’aient pu dire certains syndicats, ou certains syndicalistes, les résultats du dialogue social ne sont pas négligeables ! L’impact financier des revalorisations de revenus (sous différentes formes) dont vont bénéficier les salariés est de loin plus important que ce qui a été concédé, sur ce dossier, depuis une dizaine d’années !

L’effort est donc significatif. Le problème est que tout cela intervient au moment même où les prix enflent, démesurément pour les produits alimentaires, faisant planer le risque d’une sévère inflation qui remettrait les compteurs à zéro, sinon en dessous de zéro ! Le casse-tête est là : comment traiter la question des carburants, toujours subventionnés, alors que les autres produits, via les importations, subissent déjà des hausses difficilement supportables par la majorité des consommateurs ?

Face à un baril en course folle, faut-il continuer à subventionner ces produits, sachant que dans quelques semaines, les MRE vont se déverser sur le pays et donc bénéficier de la manne budgétaire ? Faut-il répercuter, en partie ou en totalité, la hausse du brut sur les utilisateurs, sachant que, parmi ceux-ci, une grande partie arrive difficilement à joindre les deux bouts ?

Personne sans doute n’aimerait se trouver à la place de ce gouvernement, tant aucune de ces solutions ne paraît vraiment satisfaisant. Certes, la problématique du pouvoir d’achat, d’un côté, et la maîtrise des dépenses publiques, de l’autre, se pose un peu partout ; et la France, pour parler d’un pays que l’on connaît bien, est l’exemple même de pays subissant intensément ce dilemme.

Mais la comparaison s’arrête là. Ne serait-ce que parce que le Maroc, au plan énergétique – et pas seulement pour le pétrole -, est presque totalement dépendant de l’extérieur. Autrement dit, il faut non seulement faire face à la flambée du pétrole, mais aussi, et peut-être surtout, assurer la disponibilité de l’énergie électrique, en particulier pendant cette période d’été où la consommation augmente considérablement.

Les installations disponibles, on le sait, ne suffisent plus face à une demande sans cesse en hausse, et il n’est pas toujours garanti que chez les voisins, espagnol notamment, il y ait suffisamment de surplus à prendre! Un casse-tête, disions-nous ? C’est presque un euphémisme !