L’autre UE …

L’Europe est une constellation d’entités et d’institutions regroupées dans un ensemble organisé, dans le désordre, avec des pouvoirs communautaires exécutif, législatif et judiciaire. Des pouvoirs totalement séparés comme le veulent les principes universels de la démocratie.

En Europe, donc, il y a une Commission et un Conseil, incarnant le pouvoir exécutif, qui visiblement, ou en tout cas selon ce qu’ils laissent toujours entendre, tiennent absolument aux relations «historiques» et «exemplaires» avec le Maroc.

Mais au sein de cette même Europe, il y a aussi un Parlement où certains groupes d’eurodéputés, de manière cyclique et de plus en plus fréquente depuis quelques années, ont une appétence particulière pour la programmation de textes, de votes, d’initiatives et d’activités législatives sur le sujet de la légalité des accords passés avec le Maroc.

Enfin, dans cette Europe, il y a une Cour de justice dont les magistrats, prônant une «impartialité» poussée jusqu’à l’incohérence, s’auto-érigent en arbitres dans des litiges internationaux relevant en principe des Nations Unies.

Au Maroc, il y a aussi un gouvernement et une administration qui représentent l’Exécutif responsable de la conduite et de la mise en œuvre du partenariat avec l’UE.

Mais au Maroc, il y a également un pouvoir législatif, le Parlement, qui a le droit et le devoir de se saisir et de se prononcer sur toutes les questions concernant la Nation, quelle qu’en soit la nature.

Les parlementaires marocains peuvent donc à tout moment et en toutes responsabilité et liberté, s’autosaisir par exemple de la question de Sebta et Melilla, de la question migratoire ou de tout autre dossier qu’ils estimeraient important et imposer à l’Exécutif de revoir et même d’annuler des accords passés avec l’UE.

De même, les magistrats d’un tribunal marocain, en vertu de leurs pouvoirs totalement séparés de l’Exécutif marocain, pourraient donner la parole à n’importe quel plaignant ou groupuscule, européens ou autre, et décréter l’illégalité d’un accord passé avec l’Europe au motif, par exemple, que le territoire espagnol n’est pas légal à cause du pays basque ou de la Catalogne ou encore celui de la France à cause de la Corse ou des nombreuses îles des océans indien et pacifique sous administration française, mais revendiquées depuis des décennies par des États comme Madagascar, l’Île Maurice et le Vanuatu. Juste des exemples parmi d’autres…

Et, conformément au principe de la séparation des pouvoirs chère aux démocrates européens, l’Exécutif marocain n’y trouverait rien à redire. Le gouvernement marocain exprimera évidemment à ses partenaires européens toute sa compassion, son soutien et sa volonté profonde de préserver les bonnes relations historiques. Qu’ils en soient rassurés… !