La voix du peuple

Depuis plusieurs semaines, le Maroc vibre au rythme des festivals et des rendez-vous culturels au rayonnement international.

Caftan, Mawazine, Gnaoua, Musiques sacrées, Timitar… À chaque ville son festival et les valeurs qu’il véhicule. Chaque année, le Maroc célèbre l’ouverture d’esprit, l’acceptation de l’autre, l’émancipation de la femme, le respect des minorités et la valorisation de leur patrimoine, et c’est là un tour de force que peu de pays peuvent se vanter de réussir. Car au-delà de la dimension artistique de ces rendez-vous devenus incontournables depuis plusieurs années, ce sont des valeurs humaines, à la fois modernes et traditionnelles qui sont ici véhiculées, donnant à voir un Maroc pluriel et tolérant.
Si Robert Plant, Stromae, Justin Timberlake ou Alpha Blondy inscrivent désormais le Maroc dans leurs tournées internationales, ce n’est pas un hasard et ce n’est pas seulement lié à des cachets faramineux, car quoiqu’on en dise, beaucoup de ces sommités acceptent de se produire sur nos scènes pour devenir les messagers des valeurs qui les inspirent. Aujourd’hui, le Maroc a réussi le pari de réunir des personnalités de renommée mondiale autour d’une cause noble : la tolérance.

A l’heure où nos politiques ne font pas forcément l’unanimité en matière d’ouverture d’esprit ou encore d’égalité des sexes, ces évènements culturels incarnent aujourd’hui un contre-pouvoir, une nouvelle voix qui s’élève pour donner à voir un autre Maroc. Un pays riche de contrastes où la pensée unique n’a pas de place et ne saurait en aucun cas se faire le porte-voix d’une population unie autour de ses différences. Et il faut croire que le peuple adhère à cela. Car quand près de 200 000 personnes assistent à un concert de Stromae, quand ils sont 9 millions de téléspectacteurs à suivre Caftan en direct sur la 2e chaîne, et quand ils se regroupent par dizaines de milliers autour de la scène de Timitar chaque année, c’est un message fort qui est envoyé au monde, mais aussi à nos politiques.

Malgré les atermoiements des uns et des autres, à mi-chemin entre conservatisme et modernité, c’est étrangement à travers la culture, ce parent pauvre si souvent oublié et dénigré, que les Marocains expriment leur attachement à un Maroc de toutes les diversités.