La fibre économique

Il est difficile de ne pas voir, dans l’arrivée massive des capitaux de Dubaï,
une conséquence des visites répétées que
le Roi Mohammed VI
y a effectuées.

Peu de temps après son intronisation, le Roi Mohammed VI avait conseillé à ses ministres de sortir de leurs bureaux, d’aller sur le terrain et d’être au contact de la réalité. On ne sait pas si tous les ministres ont suivi ce conseil, mais ce qui est certain, c’est que le Souverain a été le premier à l’appliquer. Depuis son accession au Trône, il ne se passe pas un mois sans que telle région ne soit visitée, tel projet ne soit lancé, tel chantier ne fasse l’objet d’un contrôle à mi-parcours. Le Maroc bouge et le monarque est en première ligne.

Mais il n’est pas qu’à l’intérieur du pays où l’action du Roi produit ses effets. En dehors des traditionnels pays amis, il s’est attelé à renforcer la diplomatie en investissant des gisements de coopération jusque-là inexploités, notamment en Afrique, au Moyen-Orient ou encore en Amérique Latine.

Après les tournées africaine puis saharienne, le voici à Casablanca, où des projets structurants sont de nouveau lancés. En parrainant ces projets, en assistant personnellement à la signature de conventions d’investissement, le Roi met dans la balance sa crédibilité, alors que rien ne l’y oblige. Après tout, différentes institutions sont là pour jouer ce rôle. En fait, il y a en filigrane un double message : d’abord celui d’un monarque qui s’engage personnellement dans le développement économique du pays ; ensuite celui d’un chef d’Etat qui rassure les investisseurs.

Mercredi 29 mars, l’Etat marocain a signé avec des investisseurs de Dubaï huit conventions pour des projets portant sur 9 milliards de dollars d’investissement dans quatre grandes villes du Maroc. Il est difficile de ne pas voir, dans l’arrivée massive des capitaux de cet émirat, une conséquence des visites répétées que le Roi Mohammed VI y a effectuées. D’ailleurs, les investisseurs, eux-mêmes, reconnaissent que les contacts qu’ils ont eus avec le Souverain ont eu un impact déterminant sur leur prise de décision.

Mohammed VI a incontestablement une fibre, une sensibilité économique que les Marocains n’avaient pas connue auparavant, et cela, on ne le soulignera jamais assez.