La crédibilité

Ce qui fait du Maroc
un site attrayant, c’est qu’aujourd’hui, quand le pays s’engage à  faire des réformes, il le dit publiquement et tient
ses promesses.

Un vent d’optimisme souffle actuellement sur le Maroc. Bonne année agricole ? Taux de croissance élevé ? Il y a certainement eu un peu de ceci et de cela. A ces raisons basiques et conjoncturelles, on pourrait rajouter le fait que l’ensemble des chantiers économiques lancés depuis quatre ou cinq ans commencent à  produire leurs effets d’entraà®nement. Infrastructures, réformes de textes de loi, apurement de dossiers en suspens…, un ensemble de facteurs qui poussent les opérateurs économiques à  y croire, depuis peu. On ne peut s’empêcher de remarquer que les investisseurs étrangers ont précédé les nationaux en matière de confiance vis-à -vis de l’économie du Royaume. Il suffit de rappeler que la privatisation de Maroc Telecom, à  l’aube de la déconfiture mondiale du secteur technologique, a rapporté un peu plus que le prix demandé par l’Etat, et que la vente des 80% de la Régie des tabacs à  Altadis a rapporté presque le double du prix fixé par l’Etat. Il suffit, plus récemment, de voir les projets d’investissement en cours avec, chaque jour, de grandes signatures mondiales qui misent sur le Maroc. Ainsi en est-il des Emiratis Emaar et DIP, dont les projets devraient générer 90 milliards de DH d’investissement au cours des dix prochaines années. Aujourd’hui, on apprend que Cap Gemini et Tata, géants mondiaux des services, s’apprêtent à  investir au Maroc, pour y créer de la valeur ajoutée et des emplois. Question : qu’est-ce qui justifie ce degré de confiance d’opérateurs mondiaux qui calculent les risques au plus près ? Les réponses les plus courantes sont, entre autres : la stabilité politique, le climat des affaires, les avantages accordés par les conventions d’investissement. Pourtant, il est un facteur-clé qui pèse sur la décision d’investir et que l’on ne prend pas souvent en compte : la crédibilité. La crédibilité n’est pas liée au seul fait que plusieurs réformes ont été entamées – car un processus de réforme, par définition, ne s’arrête jamais puisqu’il y a toujours à  changer en fonction du contexte, de la demande. En fait, ce qui fait du Maroc un site attrayant, c’est qu’aujourd’hui, quand le pays s’engage à  faire des réformes, il le dit publiquement et tient ses promesses. En somme, il donne l’image d’un partenaire sérieux. Un capital à  préserver.