La baraka…

Pour la première fois de leur histoire, les Américains auront droit à  compter de ce mois de janvier à  une assurance maladie obligatoire.

Pour la première fois de leur histoire, les Américains auront droit à compter de ce mois de janvier à une assurance maladie obligatoire. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, au pays connu pour être la première puissance économique du monde, les entreprises, par exemple, n’avaient aucune obligation de couverture maladie pour leurs salariés. Cela fait plus d’un siècle que les présidents qui se sont succédé à la Maison Blanche ont tenté d’imposer cela mais aucun n’a réussi face à la puissance des lobbies privés. Aux Etats-Unis, la pire des choses qui puisse arriver à quelqu’un est de tomber malade…

Au Maroc, chez la grande majorité des entreprises privées, l’assurance maladie fait partie depuis des décennies du package offert aux salariés. Depuis 2005, on s’est doté de l’AMO pour généraliser la couverture maladie et, depuis 2008, l’Etat a mis progressivement en place le Ramed pour les plus démunis. Il faut s’estimer heureux même si d’un autre côté notre système de santé n’est pas au top.

Plus proche de nous, l’Espagne vient de déclarer officiellement que son économie est bel et bien rétablie et que le processus de réanimation subventionné par l’Europe a réussi. Les Espagnols sont très contents de cette bonne nouvelle tombée en fin d’année. Contents, même si dans les faits l’Espagne connaît toujours un taux de chômage parmi les plus élevés d’Europe.

Au Maroc, le taux de chômage est à 9%. Malgré les tsunamis qui se sont succédé et qui ont terrassé les plus grosses cylindrées du monde, notre économie a pu, bon an mal an, se maintenir à flot même si nous n’avons pas la chance d’avoir une bouée à milliards d’euros comme le mécanisme européen de stabilité. Notre résilience nous ne l’avons finalement due qu’à de bons vieux réflexes de tout chef de famille comme le serrage de ceinture et la débrouille…

Pas loin de chez nous non plus, l’Algérie avec son pétrole et son gaz mais dont l’économie plonge du jour au lendemain à la première baisse des cours mondiaux. Au Maroc, malgré l’explosion de notre facture énergétique et la baisse des exportations due à la récession en Europe, les experts s’accordent au moins à diagnostiquer la bonne santé de nos fondamentaux. Ce n’est pas un hasard si, en dépit de la morosité ambiante, les investisseurs et bailleurs de fonds ont continué à faire confiance au Maroc.

Certes, il ne s’agit pas de faire dans l’autosatisfaction mais simplement de mesurer à leur juste valeur nos forces et nos faiblesses et, surtout, de prendre conscience de ce que nous avons gaspillé comme temps et opportunités. Aujourd’hui, certaines success stories ont montré la voie : Tanger Med, les autoroutes, le TGV, le Plan Maroc Vert, Emergence, l’industrie aéronautique…

Ces réussites ont des ingrédients communs : la vision, la persévérance et le sérieux. Finalement si notre situation, aujourd’hui meilleure que celle de bien d’autres pays, est la résultante d’années de «bricolage», de succession de politiques de rafistolage, de quoi serait-on capable si un jour on décidait tous, enfin, de travailler sérieusement ?