J’y suisÂ… ou je dois y être

Qui est avec qui ? Personne
ne sait et les cartes sont constamment rebattues.
il reste à  savoir qui s’adresse
à  la masse. On a l’impression que seule compte
la bénédiction d’en haut.

Comme en économie il existe des cycles, il faut croire que la politique a également les siens. Après de longues années marquées par la coexistence de partis qui se prévalent d’une légitimité historique, comme l’USFP, l’Istiqlal ou le Mouvement populaire, et ceux dits de l’Administration, nés de la volonté de l’Etat et venus initialement combler le vide que constituait l’absence de pendant à une opposition qui s’est constamment définie en fonction de son rapport de force avec la monarchie, on assiste aujourd’hui à un véritable chamboulement qui pourrait bien aboutir sur un paysage politique complètement remodelé d’ici aux prochaines législatives.  
Qui entend aujourd’hui l’USFP ? Quelle portée le message de l’Istiqlal a-t-il auprès de la masse ? Comment se définit le Mouvement populaire dans le spectre idéologique ? Quel avenir pour le RNI , à quoi joue le PAM, où est passé la vague médiatico-religieuse sur laquelle surfait le PJD, il y a à peine deux ans ? Le fait est que les notions de Koutla, de majorité gouvernementale, d’alliance idéologique et d’opposition franche ont la fâcheuse tendance, déstabilisatrice, à ne représenter que des concepts de plus en plus vagues tournant, in fine, autour d’un objectif : être ou ne pas être au sein du gouvernement. Jamais on n’a autant parlé de retrait ou de soutien à un gouvernement comme celui de Abbas El Fassi. Une fois ce sont les menaces du PAM de se retirer et qui finissent par prendre un sens concret, une autre fois, ce sont celles de l’USFP qui n’en finissent pas de se répéter. Dans la logique inverse, on trouve un Mouvement populaire, piteusement évincé de l’Exécutif de 2007 qui se transforme en défenseur de Abbas El Fassi ou un PJD qui fait un appel du pied, tous deux dans l’espoir d’être dans le gouvernement. Enfin, en matière de soutien, on notera cette schizophrénie du PAM qui, bien qu’ayant remporté la présidence de la deuxième Chambre du Parlement rassure : on soutiendra le gouvernement s’agissant des questions d’ordre national.
In fine, qui est avec qui ? Personne ne sait et les cartes sont constamment rebattues. Il reste à savoir qui s’adresse à la masse, celle qui votera en 2012. Depuis deux ans, à de rares exceptions près, on n’entend aucun parti s’exprimer sur les problématiques sociétales qui intéressent cette masse. L’affaire des petites bonnes, la recrudescence des saisies de drogue, la liberté de la presse, le pouvoir d’achat, l’inquiétante hausse des accidents de la route… A croire que la notoriété, l’existence, ne se mesurent que par rapport à la bénédiction d’en haut. Et le Maroc d’en-bas ?