Jusqu’au bout

L’intérêt de la nation
est-il sorti victorieux
de cette logique démocratique que tout le monde appelait de ses vÅ“ux ? L’avenir le dira.
Le peuple a voté, il doit assumer ses choix.

Nous y voilà. Mercredi 19 septembre, Abbas El Fassi, secrétaire général du Parti de l’Istiqlal, a été nommé par le Souverain, conformément à l’article 24 de la Constitution, Premier ministre.

Pour la première fois dans l’histoire du Maroc contemporain, la logique démocratique aura donc prévalu jusqu’au bout. Un mode de scrutin choisi par les partis eux-mêmes, un découpage électoral validé par une majorité, des élections – tenues en temps voulu – dans le déroulement desquelles l’Etat est resté neutre, et un Premier ministre nommé au sein du parti qui s’est classé en tête, selon la volonté du peuple, ou plutôt des votants. Ceux qui ont boudé le vote ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes.

Bonne nouvelle ? Oui, assurément. Pour la démocratie, c’est même une excellente nouvelle. Le Souverain, qui a le pouvoir régalien de désigner le chef du gouvernement, a implicitement indiqué qu’il tiendrait compte de l’avis des électeurs et a tenu sa promesse. Un geste noble qui rend sa crédibilité au politique et responsabilise les citoyens. On ne peut que féliciter le nouveau Premier ministre et lui souhaiter plein succès dans l’exercice de ses fonctions

Reste LA question que tout le monde se pose : cette logique démocratique que tout le monde appelait de ses vœux a-t-elle servi et conforté les intérêts de la nation ? En tant que support de presse, nous nous défendrons, jusqu’à plus ample informé, de juger des qualités de M. El Fassi en tant que Premier ministre. Nous relèverons cependant que le nombre de déçus à l’annonce de cette nomination n’est pas négligeable, ce qui tend à accréditer l’hypothèse que si l’Istiqlal a remporté autant de sièges c’est surtout grâce à l’image véhiculée par ses jeunes ministres. On a voté Istiqlal en pensant aux Hejira, Ghellab, Douiri et Baddou, alors que Abbas El Fassi n’a été élu qu’avec un écart très minime sur son concurrent. Mais on a oublié que, usage démocratique oblige, c’est le chef du parti victorieux qui hérite du poste ministériel le plus élevé. On veut la démocratie ? La voilà, dans son expression la plus aboutie. Au peuple d’assumer ses choix et à M. El Fassi de prouver qu’il est digne de la confiance placée en lui.