Jeux malsains…

Après le Forum mondial de Marrakech sur les droits de l’homme, le Maroc confirme son option irréversible pour les valeurs universelles en multipliant les initiatives pour se mettre au rang des pays qui vouent le plus grand respect à la notion de libertés, aux conditions et à la dignité humaines. La dernière action en date n’est autre que la ratification par le Maroc du protocole relatif à la Convention internationale contre la torture.

Mais voilà qu’au même moment, de l’autre côté de l’Atlantique et chez l’une des plus grandes démocraties au monde, un rapport accablant du Sénat américain vient mettre au grand jour des pratiques d’un autre âge perpétrées par des fonctionnaires et agents américains dans des lieux de détention sur le sol même américain. Le rapport bien fouillé, qui fait pas moins de 6 000 pages, dévoilé cette semaine, dénombre toutes les formes les plus sauvages de torture infligées par des enquêteurs de la CIA à des détenus ramenés d’ailleurs. Des atrocités commises, surtout entre 2002 et 2005, avec l’autorisation express du locataire de la Maison Blanche à l’époque et sous couvert de la lutte contre le terrorisme. Si seulement c’était vrai en plus, car le rapport a démontré clairement que ces séances de torture étaient presque pour le plaisir puisqu’elles n’ont eu aucun résultat tangible en matière de lutte contre le terrorisme.

Et, cerise sur le gâteau, aujourd’hui la société civile américaine, à l’image de la puissante American Civil Liberties Union, l’association chef de file aux USA pour la sauvegarde des libertés, mène un plaidoyer tambour battant pour que les responsables de ces atrocités soient graciés malgré tout.

Autre coïncidence tout aussi étonnante : en 2004, alors que la torture battait son plein aux Etats-Unis, le Maroc était en plein processus de réconciliation avec les victimes des années de plomb à travers son expérience pionnière et courageuse de l’IER. Et là il ne s’agissait pas de gracier quiconque mais de reconnaître et réparer le tort.
Pourtant beaucoup de voix y compris au Maroc, à l’époque et même aujourd’hui, s’entêtent à vouloir minimiser cette grande avancée qu’était l’IER au grand bonheur, si ce n’est à la solde, de ceux qui jalousent le Maroc.
Malheureusement, et grâce aussi au jeu malsain de certains milieux chez nous, qui se disent activistes de la société civile, ils arrivent par moment à détourner les regards sur le Maroc via d’illustres inconnus et des officines qui s’érigent en associations mondiales pour les droits de l’homme. Certaines d’entre elles sont même américaines mais, bizarrement, on ne les a pas entendues quand l’administration Obama a dévoilé les horreurs commises récemment encore sur le sol américain…