Interpellation !

Nous y sommes ! 39 ministres dont six femmes, des figures connues du monde des affaires et des technocrates plus que confirmés.

Nous y sommes ! 39 ministres dont six femmes, des figures connues du monde des affaires et des technocrates plus que confirmés. Au moment même où le gouvernement a été formé, tout ce qui a pu être dit et fait par une partie ou l’autre durant ces trois derniers mois relevait du passé. Comme pour une équipe de foot : quand on foule la pelouse, on doit faire équipe, marquer et on est obligé de laisser ses différends aux vestiaires. RNI, PJD, PPS ou autres, les ministres doivent oublier leurs couleurs le temps d’un mandat, jouer avec la même tenue, défendre une seule équipe, le Maroc. Sans cela, inutile d’escompter un quelconque résultat.

Cela est d’autant plus urgent que les dossiers qui attendent les ministres étaient déjà chauds depuis quelques mois. Ils sont aujourd’hui brûlants, voire explosifs : la relance de la machine économique, en redonnant confiance au secteur privé et aux investisseurs, l’accélération des réformes cruciales sur le plan fiscal ou encore celle de la compensation qui plombe le système, le lancement d’une réforme radicale de notre école pour sauver les générations futures ou encore le désamorçage de la bombe des retraites… Le discours royal, au Parlement, à l’ouverture de la session d’automne est venu en plus rappeler à notre classe politique une autre grande plaie du pays : la gouvernance locale. Là aussi, ce sont les partis qui se trouvent interpellés car ce sont eux qui nous donnent les élus locaux comme ceux responsables de la gestion calamiteuse de Casablanca. Et comme pour le gouvernement, les élus d’une même ville, au moment même où ils font partie d’un même conseil, doivent oublier leurs couleurs pour travailler pour une seule cause : la ville dont ils ont en charge la gestion. Les observateurs qui suivent avec assiduité les sessions du conseil de la ville de Casablanca sont unanimes : la plupart de ces réunions soit elles sont clôturées au bout de cinq minutes faute de quorum, soit, quand le quorum est atteint, elles tournent au cirque où les conseillers se traitent de tous les noms, parlent de tout sauf des questions qui concernent la ville et ses habitants. La politique ne consiste pas seulement à savoir faire des plaidoyers en assemblée mais de plus en plus à produire des résultats positifs et concrets. Le jugement est fait sur pièce. Et le cas de Casablanca est encore là pour nous le rappeler. Malgré tous les travaux et chantiers, malgré tout ce qui a été fait et investi, c’est le résultat final qui compte et il est catastrophique.
 

«Je ne compte pas parler, y compris à la presse, avant d’avoir pris connaissance des dossiers et défini les priorités et la démarche à suivre. C’est le moment de travailler, pas de bavarder». Voilà en substance ce que nous confiait en aparté un des nouveaux ministres au lendemain de sa nomination. Espérons qu’ils sont tous dans cette logique…