Inflexion

Les élections de 2021, prévues pour très bientôt, pourraient-elles être un point d’inflexion en matière de pratique politique au Maroc ?

En tout cas, comparé à tous les précédents rendez-vous électoraux, celui de cette année est marqué par une tendance qui ne trompe pas : les jeunes semblent nettement plus impliqués et plus intéressés à la chose politique qu’ils ne l’étaient dans le passé.

Il suffit de faire un tour dans les réseaux sociaux et de passer en revue les échanges, discussions, commentaires et autres réflexions pour se rendre compte d’un net changement dans l’attitude de ces jeunes. Eux qui donnaient souvent l’habitude d’être blasés, désabusés, sceptiques vis-vis de la politique se contentaient généralement de dénigrer à tout-va, de rejeter en bloc tout ce qui sentait la politique avec comme arguments tous les griefs possibles et imaginables collés à la classe politique tout entière et sans discernement.

Mais en cette année 2021, il y a comme un vent de prise de conscience chez les jeunes qui, au lieu de tout dénigrer, font un pas en acceptant de débattre, d’échanger, d’écouter l’autre, font part d’idées, de réflexions sans pour autant se départir de leur fougue, voire de leur impatience. Mais c’est déjà un signe qui ne trompe pas quant à cette nouvelle tendance.

Les analystes et sociologues qui étaient préoccupés depuis des années à tenter d’expliquer les raisons de la désaffection historique des jeunes pour la politique seraient aujourd’hui interpellés par ce regain d’intérêt en 2021.
Il est fort probable que la pandémie y a été pour beaucoup. Devant une crise majeure mondiale, voyant comment les États et surtout les grandes économies données pour superpuissantes et à toute épreuve ont été malmenés, mis à genoux et constatant en même temps la prestation du Maroc, les jeunes ont dû certainement changer le regard qu’ils portaient sur la politique.

Ils ont été témoins directs d’un épisode difficile long de plusieurs mois durant lequel le Maroc avec toutes ses composantes, y compris sa classe politique, ses ministres, ses hauts fonctionnaires ont livré une bataille des plus honorables. Les jeunes sont aujourd’hui surconnectés au monde pour le savoir et pour pouvoir faire la comparaison. Depuis 18 mois et même au plus fort de la pandémie, l’économie marocaine ne s’est pas effondrée, le système sanitaire non plus, l’enseignement s’est maintenu, les ménages marocains n’ont manqué de rien même. Qui sait ? Peut-être qu’après une expérience aussi éprouvante et intense, la jeunesse marocaine a décidé de regarder autrement les choses. Une chance historique que la classe politique devrait saisir…