Incompétence

Ce système d’incompétence se déclinera en cascade et empêchera les ressources compétentes d’émerger.

L’un des sujets forts de la rentrée renvoie à l’une des thématiques clés du dernier discours du Trône : le recrutement de nouvelles compétences sur la base de la seule méritocratie, tout en injectant du sang neuf, que ce soit pour des portefeuilles ministériels ou pour des postes dans la haute administration.
Ces mesures sont attendues à plus d’un titre. En matière de gestion et promotion des carrières, le Maroc a beaucoup souffert du poids des réseaux et du clientélisme.

D’aucuns diront qu’il ne s’agit pas d’une exclusivité marocaine. Qu’ils sont monnaie courante dans le monde entier. Sauf que leur poids a pris de l’ampleur dans notre pays, que ce soit dans le secteur privé ou dans la fonction publique, haute administration comprise.

Les conséquences de ce fléau ne sont pas sans gravité. Il se trouve que quand un cadre incompétent est nommé à un poste de responsabilité, il y a de fortes chances qu’il fasse le choix de s’entourer de collaborateurs à son image. Dans la majorité des cas, le réflexe est naturel. A leur tour, ses subordonnés procéderont de la même manière. Au final, ce système d’incompétence se déclinera en cascade et empêchera les ressources compétentes d’émerger.

En matière de proposition de profils de la part des partis politiques, à de rares exceptions, la règle d’or a depuis toujours été la suivante : le militantisme avant tout. Le mérite et la compétence viennent loin derrière. C’est malheureusement la pure réalité.

Ce qui est désormais attendu de nos politiques, c’est qu’ils fassent marcher l’ascenseur interne, en panne depuis fort longtemps, au moment de piocher dans leur réservoir de compétences pour en proposer quelques-unes à des postes clés. Car la scène politique a grand besoin de se renouveler. On peut être militant de longue date, mais ne pas avoir les capacités intellectuelles, académiques et morales nécessaires pour endosser le manteau du pouvoir.

Reste à espérer si tous les partis politiques ont suffisamment bien compris l’urgence de la tâche qui leur incombe.