Il y a toujours meilleur…

Le Maroc a perdu l’opportunité d’organiser l’Expo 2012. Cela n’enlève rien à  son mérite et la conscience d’avoir bien agi est une récompense en soi.

Le Maroc a perdu l’opportunité d’organiser l’Expo 2012. Frustrant, au vu de la masse de travail abattue par le comité en charge du dossier. Il s’est trouvé un concurrent qui a fait mieux que nous en matière de propositions, qui était plus convaincant, qui a joué sur le thème en vogue du moment : celui du développement durable. Sommes-nous fair-play ? Ecoutons le langage officiel, à  travers la déclaration télévisée d’un responsable ministériel, le soir même du vote : «Le dossier du Maroc était le meilleur, nous avons raté le succès de quelques voix seulement. Nous avons quand même dépassé de loin la Pologne et puis la Corée, hein, c’est la Corée». Et puis… pas un mot sur le succès du concurrent, pas une phrase pour dire que le succès de la Corée du Sud était mérité, que nous aurions pu mieux faire, que ce n’est pas nous qui avons dépassé la Pologne mais que c’est cette dernière qui a fait moins bien. Nous aurions, par exemple, aimé avoir un éclairage sur le dossier présenté par le pays qui nous a battus.

Il y a près de quatre ans, le Maroc se faisait distancer par l’Afrique du Sud pour l’organisation du Mondial 2010. Commentaire de l’époque : « Joseph Blatter a injustement privé le Maroc de son droit. Nelson Mandela a pesé lourd dans la décision. Certains votants ont été influencés. L’Afrique du Sud connaà®t un taux de criminalité très important et n’offre pas les conditions de sécurité nécessaires pour organiser un tel événement». Il y a peut-être du vrai dans certaines de ces appréciations, mais nous n’avons pas su reconnaà®tre que le vainqueur a également présenté un bon dossier avec plus d’infrastructures à  construire et des investissements lourds projetés. L’Afrique du Sud a également fait un meilleur marketing pour sa candidature.

Dans les deux cas, le fait de perdre n’enlève rien à  notre mérite et la conscience d’avoir bien agi est une récompense en soi. Il nous manque toutefois l’humilité de reconnaà®tre publiquement que ce n’est pas parce que nous avons sérieusement travaillé que nous devons être obligatoirement premiers. En cultivant officiellement cette philosophie qui consiste à  ne pas assumer l’échec, à  tout mettre sur le dos des autres, on ne rend pas service au Maroc. La faute aux autres, c’est aussi notre faute à  nous.