Gisements d’avenir

Le visage de l’économie mondiale change de plus en plus rapidement. Et la tendance va s’accélérer. Les bassins de production et de créativité se déplacent, les gros industriels migrent d’une région à l’autre à la poursuite des coûts les plus favorables et des compétences.

Cette mutation constante et rapide est valable aussi pour les secteurs et les activités. Au gré de la montée en puissance des nouvelles problématiques auxquelles est confrontée l’humanité, de l’évolution des modes de vie et des habitudes de consommation, de nouveaux domaines se développent et prennent plus de place dans le paysage économique mondial. C’est le cas, par exemple, de toutes les industries qui gravitent autour de l’environnement et de l’économie verte comme les énergies renouvelables, les industries du recyclage et autres devenues depuis quelques années un véritable Eldorado pour les gros capitaux à la recherche de filons juteux. Les pays qui sentiront venir ces nouvelles opportunités, qui réussiront à se positionner très tôt sur les secteurs du futur seront évidemment les premiers à en tirer tous les bénéfices. Et pour prendre des positions, il faut d’abord anticiper les grandes mutations qui se préparent. Dans le cas des énergies renouvelables, par exemple, le fait que le Maroc ait pris les devants, depuis quelques années déjà, lui permet aujourd’hui de figurer sur les écrans radars des géants mondiaux dont certains ont déjà annoncé des investissements importants.

Les belles success stories qu’on observe dans des secteurs de pointe comme l’aéronautique, l’automobile, l’électronique, les énergies, pour ne citer que ces exemples, ont été rendues possibles grâce, en partie, à une attitude anticipative. Ce sont des développements qui ont plus ou moins contribué à protéger notre économie de la crise parce que devenue diversifiée, moins dépendante d’un ou de quelques secteurs. C’est cette logique que le Maroc doit impérativement perpétuer pour aller encore plus loin.

Quand on parcourt les travaux de prospective économique réalisés çà et là dans le monde, on peut facilement se rendre compte de la montée en puissance de certains secteurs très prometteurs. Tout ce qui tourne autour du mode de consommation halal en est un exemple parfait. Le marché mondial de l’alimentation halal est aujourd’hui estimé à 1 400 milliards de dollars par an, dont 100 milliards d’euros, environ presque 1000 milliards de DH, rien que pour le marché européen qui est à nos portes. Une part de marché de 1% représenterait 10 milliards de DH d’export pour notre agro-industrie.

Autre exemple, l’industrie pharmaceutique. Entre 2025 et 2030, la population mondiale dépensera quelque 1 400 milliards de dollars en achats de médicaments et les grands laboratoires sont déjà dans une course sans merci aux parts de marché, notamment en Afrique. Le Maroc a déjà un tissu respectable d’industries du médicament et peut être le hub idéal pour ces laboratoires vers le marché africain tant convoité. Mais 2025 et 2030 se préparent aujourd’hui, si ce n’est hier… n

Saâd Benmansour