Gage de confiance

Alors qu’on est en pleine période électorale et à la veille d’un scrutin qui devrait donner la couleur du gouvernement qui va être aux commandes pour les cinq prochaines années, la grande annonce faite par le premier avionneur du monde, l’américain Boeing, est un fait majeur dont la portée va au-delà de ses aspects économique, industriel et financier.

Il n’est pas du tout anodin qu’un géant mondial comme Boeing, qu’on imagine facilement très prudent et prévenant quant à la pérennisation de ses investissements dans le monde, choisisse de faire du Maroc une des ses bases industrielles qui va probablement être un déterminant dans son business plan et ses performances pour au moins les vingt prochaines années. D’autant plus que, dans le cas d’espèce, quand Boeing a décidé de monter son écosystème au Maroc, il l’a bâti non pas sur un modèle commercial ou de simple sous-traitance avec des partenaires locaux, mais réellement comme un contrat d’implantation industrielle qui le lie à l’Etat marocain. C’est une première même dans la démarche de Boeing qui est connu pour faire fabriquer près de 65% des composants de ses appareils par des sous-traitants.

On pourrait d’ailleurs en dire autant d’autres grosses cylindrées mondiales comme les français Renault et Peugeot, le canadien Bombardier ou encore les Alstom, Maersk, Yazaki, Delphi, Eaton, Accor, Safran…qui ont cru dans le hub Maroc et d’autres qui viendront encore. 

La marque de confiance d’un leader mondial, que sous-tend son engagement au Maroc, est surtout une belle démonstration faite à ceux, y compris chez nous, pour qui toutes les occasions sont bonnes pour expliquer, justifier leur attentisme patent et éternel. Un coup c’est le manque de visibilité, un coup ce sont les conditions climatiques, tantôt ce sont les élections…et le résultat final, lui, est toujours le même : le wait and see, l’immobilisme dans l’attente de savoir où on va, s’il va pleuvoir ou non, ce que le gouvernement mettra dans la prochaine Loi de finances ou, conjoncture oblige, quelle majorité sortira des urnes.

L’américain Boeing, qui mettra pourtant plusieurs milliards de DH sur la table et qui est sur le coup de jouer son avenir en modelant son schéma industriel selon la nouvelle composante industrielle marocaine, n’a visiblement ni craintes, ni incertitudes par rapport à son futur au Maroc. Ceci s’explique probablement par le fait que les responsables de Boeing ont compris, plus et mieux que d’autres, qu’ils ont toutes les bonnes raisons de faire confiance au Maroc en tant qu’Etat et à ses institutions.