Emploi. Flexi-précarité ?

Au Maroc, agir sur le chômage passe également par la flexibilisation du marché du travail en assouplissant le recours aux CDD et les règles du licenciement, selon le FMI.

L’impact sur certaines catégories de travailleurs, les jeunes et les primo-employés notamment serait positif. C’est ce qu’indique le FMI dans son dernier rapport.
L’idée n’est pas de la première fraîcheur. Ces vingt dernières années, elle s’est souvent invitée dans les discussions du patronat, et même … dans une certaine forme et une moindre mesure dans le secteur public avec l’introduction du concept de contractualisation fonctionnelle.

La finalité, celle de créer des opportunités d’emplois pour les jeunes et les primo-recrues, peut paraître, disons-le, séduisante. Donner leur chance aux catégories les plus exposées au chômage suggère que la piste soit sérieusement examinée. Mais quel en serait le prix ?

Certains pays ont déjà expérimenté cette flexisécurité dont parle le FMI avec des résultats satisfaisants en termes de croissance. L’expérience danoise est la plus probante en la matière. A la différence près que ce pays dispose de filets sociaux bien huilés, dont les mécanismes sont rodés et le fonctionnement parfaitement maîtrisé par les éventuels bénéficiaires. Avec en prime, une généreuse indemnisation en cas de chômage, des syndicats puissants et un dialogue social apaisé.
Chez nous, c’est une tout autre affaire.
Il aura fallu une quinzaine d’années pour mettre en place une indemnité pour perte d’emploi. Quatre ans et demi après son entrée en vigueur, les résultats sont décevants. C’est la croix et la bannière pour pouvoir en bénéficier. 55% des dossiers présentés sont rejetés pour diverses raisons, dont celle du nombre de jours déclarés exigé pour y avoir droit.

Un projet de réforme est d’ailleurs en gestation pour améliorer les conditions d’éligibilité à l’IPE. Combien de temps prendra-t-il pour aboutir et pour quels résultats? Quid du rôle des syndicats de plus en plus fragilisés ? Et de la capacité des employés à survivre à l’épreuve du licenciement et rebondir ailleurs? Qu’en est-il de la formation continue, unique gage d’une employabilité tout au long de la vie professionnelle ?

Ces questions sont toutes légitimes. C’est dire que dans les conditions actuelles, et dans quelques années encore, c’est précariser davantage l’emploi que de l’assouplir.