Fermeté

Les sahraouis qui ne se considèrent pas comme Marocains et qui jouissent de la vie dans ce pays, d’un passeport, d’études payées par l’Etat à  Rabat ou Marrakech, devraient avoir l’honnêteté de s’en aller. S’ils ne veulent pas du Maroc, le Maroc
ne veut pas d’eux.

L’agitation actuelle menée autour de la question du Sahara était prévisible, et d’ailleurs l’Etat l’avait anticipée. Cela faisait au moins plusieurs mois que l’on s’y attendait car la liberté d’expression, sur fond de difficultés économiques et de chômage, était tout à  fait propice à  ce genre de dérapages. Les tensions sociales et économiques ont donc été une sorte de goutte qui a fait déborder le vase. Mais tout cela est un prétexte. Les événements sont trop bien coordonnés dans plusieurs villes du Royaume pour ne pas y voir une planification et une instrumentalisation par le polisario. Devant la situation actuelle, l’Etat n’a que deux réponses possibles : la démocratie et la fermeté. Démocratie parce que c’est le seul moyen de donner une alternative crédible aux thèses séparatistes. La marocanité du Sahara ne se suffit plus des seules positions officielles. Elle a besoin de la voix d’élus, de partis politiques, d’associations, voix qui portent dès lors qu’elles sont crédibles. Fermeté parce qu’au sein de l’opinion publique, dans les régions du sud comme dans le reste du Maroc, le ras-le-bol est général. On est fatigué de ces bandes d’adolescents manipulés, de ces activistes retors, de tous ceux qui jouent aux enfants gâtés, qui font le chantage à  la marocanité du Sahara et qui se comportent comme s’ils étaient des supra-citoyens. L’opinion a conscience des énormes sacrifices humains et financiers consentis pour le Sahara. Elle comprend que l’on puisse critiquer un système économique de rente, demander plus de justice sociale ou de l’emploi. Mais elle n’accepte pas que l’on insulte le sentiment national et que l’on fasse fi de tous les sacrifices, dans un intérêt personnel. Le pilier de la démocratie, c’est le respect de la loi. En démocratie, la loi n’est pas une façade, ni un restaurant à  la carte. Le menu est le même pour tous. Le rôle de l’Etat est de faire respecter la loi. Brûler le drapeau national est un crime. Saccager les infrastructures publiques en est un autre. Les sahraouis qui ne se considèrent pas comme Marocains et qui jouissent de la vie dans ce pays, d’un passeport, d’études payées par l’Etat à  Rabat ou Marrakech, devraient avoir l’honnêteté de s’en aller. S’ils ne veulent pas du Maroc, le Maroc ne veut pas d’eux.