Et la proximité ?

La dissolution des GUS était-elle une bonne idée ? Peut-être si l’on considère qu’ils ont failli à  leur mission. Pour autant les citoyens ont réellement besoin d’une vraie police
de proximité.

Lors d’une discussion informelle avec des journalistes de La Vie éco, en février 2004, Hamidou Laânigri, l’ex-patron de la DGSN, dévoilait sa vision de la police. «Il faut regrouper les moyens et séparer les métiers, créer des spécialisations par métier», disait-il en substance. A l’époque, la création des GUS (groupes urbains de sécurité) était en préparation et le directeur de la Sûreté nationale parlait de 1 000 postes de poximité à installer en quatre ans et tous les commissariats à informatiser en deux ans. Cette modernisation avait été bien accueillie, applaudie même.

Le concept des GUS reposait sur une idée aussi simple qu’efficace : une police de proximité, capable d’intervenir rapidement sur les lieux d’une querelle, d’une infraction ou d’un crime et de prendre les choses en main en attendant l’intervention des agents en charge de la procédure légale. Dans un Maroc où la police ne se déplace que lorsque le sang coule, et, comme la cavalerie, arrive trop tard, l’idée est la bienvenue. Elle l’est d’autant plus qu’elle permet une action préventive et a un effet dissuasif. Des facteurs importants quand on sait qu’après-coup il arrive souvent que la police essaie de dissuader le citoyen de porter plainte, sous prétexte que son téléphone ou son sac ne sera jamais retrouvé. Les témoignages sur cette pratique se comptent par milliers.

Que s’est-il donc passé pour que l’on supprime les GUS ? La théorie du nouvel arrivant qui démonte systématiquement les actions de son prédécesseur ne tient pas la route. L’explication est plutôt dans le gap entre ce qui était recherché à travers la création des GUS et ce qui en a résulté. La flexibilité n’a pas été celle que l’on attendait de ce corps, les moyens se sont avérés insuffisants et la mission a été dévoyée. Au lieu de traquer la petite criminalité, les bandes du GUS en sont arrivées à traquer ces couples de jeunes, en mal d’endroits isolés, pour en tirer quelques misérables dirhams.

Fallait-il pour autant jeter le bébé avec l’eau du bain ? La réponse, à notre avis, est non. Dans un Maroc où les vols à l’arrachée se multiplient, où personne n’ose sortir son GSM dans la rue, où les agressions sous la menace à l’arme blanche se banalisent, les citoyens auraient bien besoin d’une réelle police de proximité. Si le rôle de la police est de rassurer les citoyens, actuellement, le but n’est aucunement atteint. Solution ?