Espoir avec la génération Z

Ali est un jeune marocain de 14 ans. A l’aéroport de Casablanca où il vient de descendre d’avion au retour d’un voyage de groupe, l’enfant se baisse et embrasse le sol en répétant «lhamdoulillah aala bladna».

Un comportement qu’on pourrait comprendre venant d’un sexagénaire mais un garçon de 14 ans…! Comportement atypique, isolé, rare pour un jeune ? Pas vraiment. Dans le petit groupe qui revenait de ce même voyage, beaucoup d’autres camarades du jeune Ali partagent ce même sentiment de bien-être en foulant le sol et en humant les parfums du pays. Bienvenue chez la génération Z !

Pourtant, ce groupe de collégiens, tous issus de la classe moyenne, reviennent bien d’un séjour dans un pays des plus développés au monde, la Grande-Bretagne. Ils ont découvert le pays mais bien plus. Ils ont logé chez des familles et ont fait leur immersion dans le quotidien des British avec tout le confort et le cadre de vie qu’on peut imaginer. Mais avec tout cela, rien ne remplace le bled, même pour des jeunes qu’on croirait avides de quitter le pays pour répondre à l’appel du large, du progrès, de la technologie, de la richesse…  

Peut-on espérer, avec cette génération Z, que le Maroc reviendra à des fondamentaux qu’on croyait perdus à jamais avec leurs aînés de la génération Y ?

La génération Y, au Maroc, comme partout dans le monde, ce sont ces jeunes qui ont entre 21 et 35 ans et qui répondent globalement au même phénotype : surconnectés, pressés, réseautés et, probablement aussi mondialisés à outrance.

Un jeune de 30 ans a vécu le Maroc sans Internet, sans le Wifi ni le haut débit, sans les Smartphones, les WhatsApp, Facebook et compagnie. Il a découvert tout cela bien après et pour lui l’origine de la technologie et du progrès est ailleurs qu’au Maroc. Et c’est ce «ailleurs» qui fait rêver.

On peut penser que, naturellement, la génération suivante, née dans les années 2000, qui a le même âge que Ali et qu’on pourrait appeler la génération Z, accuserait les mêmes tendances avec même plus d’acuité. Mais voilà. Après son périple chez les Anglais, notre groupe de jeunes n’a plus les mêmes rêves ni les mêmes idées et surtout regarde son pays d’un autre œil. Pour ce jeune garçon, «chez nous, on mange mieux, on sent la chaleur humaine, on s’amuse et, en plus, nous ne manquons de rien. Il faut juste un peu plus de verdure, d’espaces de jeu et de terrains de sports…».

La vérité sort de la bouche des enfants. Est-ce trop demander d’un Maroc qui aura encore plus besoin de garder ses jeunes dans les années à venir…?