Dirigeants hors jeu

L’épisode qui se déroule actuellement à  la fédération de football est plein d’enseignements. Celui qui assure la gestion par intérim, en l’occurrence Abdallah Rhallam, est expert-comptable de son état.

L’épisode qui se déroule actuellement à la fédération de football est plein d’enseignements. Celui qui assure la gestion par intérim, en l’occurrence Abdallah Rhallam, est expert-comptable de son état. Mais il connaît le monde du ballon rond comme sa poche puisqu’il faisait partie du bureau fédéral sortant et a consacré des années de sa vie au Raja.

Certes, cela l’a beaucoup servi dans le sens de la légitimité dans les milieux footballistiques, mais ce qui l’a probablement le plus aidé c’est son côté managérial et sa rigueur d’homme de comptes et de chiffres. En l’espace de quelques mois, le gestionnaire provisoire de la fédé a réglé tout de même deux gros dossiers qui paralysaient tout le système : celui des statuts de la fédération qui nous a valu presque un carton rouge de la FIFA et l’élection d’un nouveau bureau.

Aujourd’hui, le témoin va être passé à un président élu, probablement Faouzi Lakjaa, puisqu’il est le seul candidat pour l’instant, avec une situation plus ou moins assainie, des esprits apaisés et, espérons-le, des perspectives de renouveau. Car, contrairement au fatalisme ambiant, le football est une industrie qui peut rapporter beaucoup d’argent à tous les intervenants.

Sans aller voir du côté du Brésil ou des championnats européens, les clubs marocains qui se plaignent de la désaffection du public n’ont qu’à voir ce qui s’est passé lors de la Coupe du monde des clubs organisée au Maroc en décembre dernier. On a rarement vu des familles entières se déplacer au stade pour le plaisir du spectacle, une aussi bonne organisation et autant d’annonceurs se ruer sur les espaces publicitaires.

Mais l’épisode de la Coupe du monde des clubs, à lui seul, ne peut pas changer le triste spectacle qu’offre au quotidien notre football.

Sur les pelouses, des joueurs qui n’ont de professionnels que le nom tant sur le plan technique que celui du comportement. Ceci est valable aussi bien pour les clubs que pour notre équipe nationale ou ce qu’il en reste. Des stades qui sont souvent déserts ou remplis de délinquants, de marginaux, de jeunes drogués et armés de sabres le tout avec une recette zéro et des factures de dégâts salées.

Résultat des courses, ni les annonceurs ni les parrains ne veulent s’afficher dans un tel décor misérabiliste. Du coup, les clubs survivent à peine avec les subventions publiques et continuent de dupliquer à l’infini la même médiocrité en évoquant le manque de moyens.
Pour régler le problème de notre football, il est donc impératif de casser ce cercle vicieux infernal.

Et ce sont les dirigeants qui doivent enclencher le mouvement en commençant eux-mêmes par revoir leur vision du football et leurs mœurs. Car tant qu’on aura des dirigeants de bas niveau, comme ceux qui se sont donnés en spectacle devant les caméras lors de l’assemblée générale du 10 novembre 2013, il ne faut rien espérer !