Délivrez Casablanca !

il ne s’agit pas de déclarations d’intention mais de projets d’investissements et d’engagements dûment actés, de plans d’action concrets avec des calendriers précis et des objectifs clairs et mesurables dans le temps

S’ils ont encore un tant soit peu d’amour propre et d’honnêteté intellectuelle, les élus de Casablanca, à commencer par le président du conseil, le maire Mohamed Sajid, devraient remettre les clés de la ville et partir. La semaine dernière, SM le Roi a fait escale dans la métropole où il a tenu à présider en personne deux cérémonies historiques : l’une relative aux projets du programme Wessal qui vont transformer le visage de la ville et l’autre à la nouvelle stratégie pour la transformation radicale de l’industrie. Ce faisant, le Souverain ne faisait qu’envoyer, y compris et surtout aux gestionnaires de la ville, un premier message fort : face à une situation d’urgence, comme c’est le cas par exemple de l’industrie, on ne peut pas continuer à perdre du temps en tournant en rond et en multipliant les sorties et les annonces mais on lance les réformes, on ouvre rapidement et sérieusement les chantiers importants qui s’imposent… Et dans les deux cas, il s’agit non pas de déclarations d’intention mais de projets d’investissements et d’engagements dûment actés, de plans d’action palpables et concrets avec des calendriers précis et des objectifs clairs et mesurables dans le temps.

Durant la dernière visite royale à la métropole, il était attendu aussi que soient inaugurés les premiers projets qui devaient incarner le renouveau de la gouvernance de la ville. Les gros travaux et préparatifs qui ont duré des jours avant la visite royale sont un signe qui ne trompe pas.
Mais le Souverain a visiblement été déçu du rythme de l’avancement des projets dans la métropole. La trémie du rond-point communément appelé Chimicolor en est la meilleure illustration. L’ouvrage devait être achevé et livré en décembre dernier. Il ne l’a été, difficilement, que trois mois plus tard et encore il n’est pas opérationnel. Le Souverain a lui-même fait le déplacement sur les lieux mais ne l’a pas inauguré. C’est là le deuxième message très fort du Souverain. Mais visiblement, tous les Casablancais ont bien saisi ce message, sauf les élus et le maire.
Maintenant, face à une telle situation, deux cas possibles. Soit on attend que ces messieurs finissent tranquillement leur mandat, dans le meilleur des cas en 2015 si ce n’est au-delà, pour se conformer aux règles démocratiques mais tout en acceptant de continuer à payer la facture déjà salée de leur mauvaise gouvernance. Soit que les pouvoirs publics, le gouvernement, le ministère de l’intérieur ou autres, décident de prendre les choses en main, quitte à déroger momentanément aux dispositions générales de la charte, pour délivrer Casablanca.