De Charybde en Scylla

Depuis 1947, Israël s’est permis d’ignorer 34 résolutions de l’ONU et opprime un peuple au vu et au su de toute la planète. Qui aura un jour le courage d’arrêter cela ?

Le 24 février 1942, dans une Europe ensanglantée par la guerre mondiale, 769 juifs roumains, fuyant la persécution nazie, à destination de la Palestine, périrent à bord du Struma, torpillé en mer Noire par la marine russe, après un périple de deux mois et demi au cours desquels les passagers se virent refuser nourriture et eau de la part de plusieurs pays dans lesquels le Struma fit halte.

11 juillet 1947, quelques mois avant la création de l’Etat d’Israël, 4 500 survivants juifs de l’holocauste tentent de regagner la Palestine à bord de l’Exodus. Refoulés par les Britanniques, les passagers seront embarqués dans des bateaux cages et renvoyés vers la France et l’Allemagne où une tragédie sanglante éclatera, en raison du refus des passagers de quitter les navires.

31 mai 2010. Des navires humanitaires transportant vivres, médicaments et matériaux de construction se dirigent vers la bande de Gaza, enclave territoriale d’une Palestine morcelée, sous embargo israélien et égyptien à la fois, depuis trois ans, et dont les habitants vivent en deçà des critères les plus élémentaires de la dignité, sous prétexte que Gaza est contrôlée par le Hamas. Avant même d’atteindre les eaux territoriales, un navire a été attaqué par la marine israélienne : 9 morts et 45 blessés civils !

Les Israéliens doivent avoir la mémoire bien courte pour avoir oublié jusqu’à quel point leur peuple qui fut, il y a soixante ans, pourchassé, persécuté, menacé de disparition, est devenu le tortionnaire d’un peuple à qui il a pris terre, biens et dignité. Jusqu’où ira-t-on dans l’injustice et la barbarie ? Qui arrêtera Israël dans ses crimes contre l’humanité ? Aujourd’hui, le monde entier s’indigne de ce qui s’est passé ce 31 mai et l’on se surprend à espérer que ce soit cette fois-ci la bonne, le point de départ d’une nouvelle attitude des grandes puissances envers Israël, d’un début concret de règlement de la question palestinienne.

Il ne faut pourtant pas se leurrer. Qui se rappelle aujourd’hui de l’offensive contre Gaza, il y a un an ? On retiendra seulement que dans l’intervalle, on a permis à ce pays de rejoindre l’OCDE sans examiner ses états de services en matière de droits humains. Qui se rappelle aujourd’hui que depuis 1947, 34 résolutions de l’ONU n’ont pas été appliquées par Israël, ce qu’aucun pays au monde n’a osé faire ? Qui aura le courage d’arrêter cela… ne serait-ce qu’au nom de ces droits de l’homme que les pays développés évoquent à tout bout de champ pour donner des leçons aux autres ?