Coronavirus

Depuis fin janvier, période où le Coronavirus a explosé en Chine, le monde retient son souffle.

De jour en jour, les experts guettent les annonces et communications officielles des autorités sanitaires mondiales, les marchés frémissent à l’apparition des cas d’infections ici et là, les réseaux sociaux s’en font l’écho en grossissant le plus souvent les faits réels, le tout dans une ambiance générale de psychose.
Et au moment où quelques indices laissaient entrevoir une accalmie dans le principal foyer, la Chine, voilà que de nouveaux grands foyers explosent très loin de la Chine, notamment en Iran ou encore en Italie. Ce dernier cas d’ailleurs a eu plus d’effets spécialement au Maroc par la proximité géographique et surtout aussi par la taille importante de la communauté marocaine qui y est installée. Et à l’image de ce qui se passe dans le monde, l’opinion publique et les réseaux sociaux au Maroc vivent au rythme de développement du Coronavirus. Les pouvoirs publics, comme partout ailleurs, tentent de tranquilliser et de rassurer mais rien n’y fait. Or, à ce jour, en tout cas à l’heure où nous mettions sous presse, mercredi 26 février, il n’y avait officiellement aucun cas déclaré et avéré, y compris parmi la centaine de Marocains rapatriés de Wuhan, ville épicentre de l’épidémie en Chine.

C’est là, certes, une donnée rassurante, surtout si l’on sait qu’une trentaine de pays dans le monde ont déjà déclaré des cas d’infection. Parmi les premiers qui avaient très figuré sur la liste, juste après la Chine, il y avait de grands pays comme les Etats-Unis, le Canada et la France. Et dans ce pays, on ne peut pas dire que les systèmes médicaux et de veille sanitaire sont défaillants. Aux Etats-Unis, par exemple, l’Administration fédérale a clairement notifié que le risque de propagation du virus sur le sol américain est réel et élevé. Mais ce n’est pas pour autant que les Américains vont se barricader chez eux. Il en est de même partout dans le monde et au Maroc aussi. Si, demain, un cas devait se déclarer sur le territoire national, ce ne serait certainement pas la fin du monde ni la faute aux services de veille sanitaire. Qui aurait cru que parmi les premiers pays on retrouverait la Suède pourtant pas au même niveau de connectivité avec le monde que l’Amérique du Nord ou l’Europe de l’ouest. Comment le virus s’est-il retrouvé sur une île isolée comme la Sicile ?

Le Maroc, lui, n’est pas isolé du monde. Tourisme, commerce, business, études, échanges de diverses natures, diplomatie, les occasions d’exposition aux virus sont multiples, incalculables et impossibles à maîtriser. Mathématiquement et scientifiquement le risque Zéro est impossible. C’est cela le discours qu’il faut tenir face à la paranoïa de certains qui cherchent à propager une panique pour rien. Parce que, ce que l’on oublie au final, c’est que chaque année, la grippe dite saisonnière tue chaque année des centaines de milliers de personnes dans le monde. Et que le Coronavirus n’est finalement qu’une version parmi les moins virulentes de la grippe. Il peut être combattu simplement par des gestes d’hygiène au quotidien…ni plus ni moins.