Comment sera 2009 ?

Le Maroc sera sans doute affecté par la crise mondiale, sans connaître lui-même de véritable crise.

La grande question qui sera, au cours de ce dernier trimestre, au centre des préoccupations des opérateurs économiques, responsables publics, mais aussi salariés, porte sur le comportement de l’économie en 2009. Il faut dire que l’avalanche de mauvaises nouvelles de ces derniers temps prend des allures de désastre annoncé.

Des protections se mettent en place à coup de centaines de milliards de dollars ou d’euros.
Le plan Paulson ? C’est presque dix fois le PIB du Maroc dépensé pour éviter au système mondial de s’écrouler. A qui le tour? Chaque jour, un mastodonte mondial plie sous le poids des pertes et les gouvernements jouent les pompiers pour stopper l’incendie qui se propage.

Et au Maroc ? Nous, nous comptons les coups en regardant les chaînes françaises (piratées) ou en lisant les titres catastrophiques de la presse. Le pessimisme s’installe, mais est-il justifié ?
Ceux qui disent que le Maroc n’est pas concerné par la crise sont soit naïfs soit hypocrites. Avec la récession qui s’annonce en Europe et la contraction de la demande étrangère qui s’ensuivra, ce sont nos exportations qui vont accuser le coup. Textile, cuir et agroalimentaire notamment seront en repli.

Il faut espérer que la flambée des cours qui affecte les matières premières continuera de profiter aux phosphates et à ses dérivés. Autre secteur menacé, en relation également avec les récessions étrangères : le tourisme dont le cycle de baisse devrait s’étaler sur une plus longue période. Enfin, reste l’inconnue des investissements étrangers. Seront-ils réorientés vers des pays à économie plus traditionnelle comme le nôtre ou reculeront-ils en raison de la frilosité mondiale ? Les avis restent partagés.

A l’opposé, ceux qui pensent que le Maroc connaîtra une crise méconnaissent quelque peu les déterminants du système économique national. Le secteur financier est étroitement encadré et à l’abri de la déconvenue des produits sophistiqués ; la demande intérieure ne risque pas de flancher, notamment avec le cadeau fiscal que représente la baisse annoncée de l’IR, et les besoins en équipements, infrastructures et services de base sont tels que le ralentissement est inenvisageable.

En résumé, le Maroc sera sans doute affecté par la crise, mais ne connaîtra pas lui-même de véritable crise. Pour une fois, nous nous satisferons de notre sort et, entre le blanc (développé) et le noir (sous-développé), nous apprécierons notre camaïeu de gris.