Clarifications et feuille de route

On peut voir dans
le discours du 30 juillet aussi bien la volonté
de mettre
les points sur
les «i» qu’une lettre
de cadrage.

On peut lire le discours du Trône, prononcé par le Souverain le 30 juillet, de deux manières. Certains y ont vu la volonté de Mohammed VI de mettre les points sur les «i», d’autres des orientations économiques et sociales pour les prochaines années.

En fait, il y a de l’un et de l’autre, sous forme de messages directs ou indirects. Ainsi en est-il de l’affaire du Sahara, avec un message ferme adressé à  la communauté internationale quelques jours avant le deuxième round des négociations : autonomie oui, mais dans le cadre de la souveraineté. On peut aussi lire comme souci de clarification l’appréciation positive du système de représentation politique et le message implicite qu’elle contient: le Premier ministre sera fort probablement issu des partis les plus représentatifs au niveau législatif. Autre message : il ne saurait être question de revenir sur les acquis en matière de libéralisme, de positionnement religieux modéré, de droits de l’Homme, de liberté d’entreprendre, et ce même si le PJD ou un autre parti aux idées rétrogrades venait à  être aux commandes. De même, le Roi récuse l’idée, comme ce fut le cas en 2002, de ministres nommés non pas pour leurs compétences mais uniquement pour équilibrer les forces politiques au sein d’une majorité. Cela implique que, si besoin était, des compétences non partisanes pourraient intégrer le gouvernement. C’est ainsi qu’il faut comprendre l’insistance du Souverain qui appelle les électeurs à  faire le bon choix parmi les candidats politiques. Faute de quoi il tiendra compte de l’intérêt de la nation avant celui du jeu politique. Enfin, une dernière clarification concerne le rôle de la monarchie. Celle-ci est agissante et le restera. Le Roi continuera à  s’impliquer dans la gestion du pays, à  guider, à  corriger si besoin était.

Sur un autre registre, on peut aussi trouver, dans le discours du 30 juillet, une formulation des priorités à  venir. Le message est ainsi adressé au prochain gouvernement: justice, éducation, agriculture et régionalisation devront faire l’objet d’une attention particulière.

En définitive, on peut résumer le discours en une phrase : il ne sert à  rien de refaire le Maroc en tirant des plans sur la comète. Les objectifs sont connus et la seule issue est d’avancer. Les électeurs auront à  choisir ceux qui sont le plus à  même d’atteindre le but.